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Le Règne Animal : une fable mélancolique sur la métamorphose d’une société en mutation

"Le Règne Animal" nous transporte dans un futur troublant où l'homme se transforme en animal. Entre drame familial et bouleversements sociétaux, Thomas Cailley signe une œuvre poignante.

Parmi les sorties cinématographiques françaises d’octobre, “Le Règne Animal” se distingue par son audace et son originalité. Porté par des acteurs de renom tels que Romain Duris, Paul Kircher et Adèle Exarchopoulos, ce film nous plonge dans un futur proche où l’humanité est frappée par une pandémie singulière : une mutation progressive de l’homme vers l’animal.

Dès sa sortie en salles le 4 octobre, l’œuvre de Thomas Cailley a suscité la curiosité, nous invitant à explorer un univers de métamorphoses spontanées.

Au cœur de ce chaos, nous suivons l’histoire touchante de François, un homme déterminé à sauver sa femme de cette maladie mystérieuse, tout en naviguant dans une société en pleine redéfinition. Alors que la société bascule dans un nouvel ordre, lui et son fils de 16 ans, Émile, partent en quête dans une zone rurale censée être loin des conséquences les plus immédiates de l’épidémie.

LE RÈGNE ANIMAL – Bande-annonce Officielle – Romain Duris / Paul Kircher (2023)

Exploration du genre et originalité

Le Règne Animal est un film plein d’idées, de métaphores et d’expérimentations de genre à l’intérieur d’un canevas plus ou moins insaisissable qui finit par se révéler moins original qu’il n’y paraît au premier coup d’œil. Il a le mérite d’introduire son univers in media res dans lequel une partie du plaisir réside dans la découverte de ses règles alors que les personnages en savent déjà beaucoup pour avoir vécu dans cette situation pendant des années.

Quelque chose d’appréciable dans ce type de propositions semi-apocalyptiques, dans lesquelles les premières scènes sont généralement des variations de la même scène de chaos et de personnes essayant de fuir le monstre lorsqu’il apparaît au milieu d’une journée tranquille et routinière. Ce n’est pas le cas ici, mais l’idée a déjà été assimilée par une société qui ne bronche pas à la vue de personnes à moitié transformées en animaux, qui, soit dit en passant, sont généralement inoffensifs et plus pitoyables qu’effrayants.

Réalisme et dramaturgie

Abordant ce concept avec le réalisme le plus tangible, Thomas Cailley s’engage dans un point de vue dramatique et ne le lâche pas, parvenant tantôt à émouvoir, tantôt à se montrer forcé, et frôlant à certains moments l’inévitable ridicule lorsque le voile de la fiction nous permet de voir des acteurs mimer des animaux. De toute façon, la présence des mutants n’est pas le point le plus important du film, qui les maintient à l’arrière-plan, comme un problème auquel la société doit faire face.

Thèmes et références

Le conflit se situe principalement dans la relation entre le père et le fils, ce qui donne lieu à un beau parallèle avec l’acceptation de la progéniture telle qu’elle est, de la mère absente et des nouvelles possibilités qui s’offrent à elle. Le film ressemble parfois à la meilleure adaptation possible de la bande dessinée de Charles Burns “Black Hole”, même s’il lui manque cette pointe de noirceur, mais il finit par dériver vers les tropes de l’éco-thriller le plus classique, en passant par une énième variation de “Teen Wolf” ou de “Grave” de Julia Ducournau.

La persécution et la stigmatisation des hommes-animaux peuvent facilement être assimilées à notre relation sociale et à l’exploitation des animaux et de leurs écosystèmes, en évaluant l’intervention humaine dans des espaces et des ressources qui ne leur appartiennent pas.

“Le Règne Animal” est une proposition cinématographique sincère qui, malgré quelques imperfections, laisse une empreinte durable sur le spectateur. Son audace à mêler réalisme et fantastique le rend unique en son genre. Toutefois, il serait souhaitable que le film trouve sa propre voix sans s’appuyer trop fortement sur des modèles cinématographiques reconnus, comme “Edward aux mains d’argent”. En dépit de ces emprunts, l’œuvre de Thomas Cailley demeure une expérience mémorable pour le public.

Charlotte Lafond
Charlotte Lafond
Passionnée des univers culturels, Charlotte Lafond dirige la rédaction de Carbone Ink avec une plume affûtée et un œil critique. Spécialiste du monde audiovisuel, elle explore avec enthousiasme et perspicacité les méandres du cinéma et de la télévision.

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