Ils étaient persuadés de l’avoir rêvé. Ils ont tout fait pour l’oublier. Mais cette borne d’arcade surgie du passé ramène avec elle le souvenir de leur amie. Vingt ans plus tard, il est enfin temps de résoudre le mystère de la disparition de Leïla.

Bienvenue dans Moloch, un thriller de Laurent Queyssi où complot, jeu vidéo et musique s’entrechoquent tous les jeudis. Play

1991

« Il ne reste pas des trucs dans la grange ?» demanda Mohamed en désignant de la tête le bâtiment en bois, quelques dizaines de mètres plus loin.
« Oh, merde, s’exclama Mylène. Le jeu. Je l’avais oublié.
— Quoi ? dit Audrey. Scipio ? Vous avez encore une borne ?
— Oui, répondit Charles. Celle qu’on a récupérée aux Arcades en 1987. Quand Mylène s’est fait interroger par les gendarmes. J’y pensais plus moi non plus. Et je viens de mettre le dernier carton dans le camion. Il n’y a vraiment plus de place.
— Vous allez devoir faire un aller-retour supplémentaire, constata Mademoiselle.
— Pff, reprit Charles. Je n’ai vraiment aucune envie de revenir une fois qu’on aura déchargé.
— Tu n’as qu’à le laisser là, proposa Mohamed. Tu sais ce que les nouveaux propriétaires ont prévu de faire de la grange ?
— Je sais qu’ils ont envie de transformer la maison en gîte, expliqua Mylène, mais la grange… Aucune idée.
— Je leur en parlerai. Je vais voir avec eux si je peux laisser le jeu encore quelque temps ici. »
Audrey hocha la tête, comme si elle leur donnait l’autorisation d’agir ainsi. Après tout, Scipio leur appartenait un peu à tous.
« À moins que quelqu’un ne veuille récupérer la borne », reprit Charles.
On s’échangea des regards, mais personne ne répondit.
La journée était belle. Début de printemps. Un temps idéal pour déménager. Ni trop chaud ni trop froid et un grand ciel bleu. Les enfants avaient un peu aidé au début, puis s’étaient vite esquivés pour aller jouer et se poursuivre dans les pièces désormais vides de la maison.
Charles Mounier s’approcha de la porte d’entrée, s’empara de la glacière posée là et retourna vers son groupe d’amis.
Ils étaient tous là, ou presque. Tous les compagnons du vendredi soir. Ceux avec qui Mylène et lui avaient rêvé de changer le monde. Des quadragénaires fatigués par une matinée de déménagement et par une vie qui ne se laissait pas dompter aussi facilement qu’ils l’avaient cru, plus jeunes.
Il y avait Serge, le prof d’économie qui n’aimait vraiment pas les travaux physiques ; Mohamed, le journaliste, et sa compagne Mélanie, l’auteure de livres pour enfants ; Mademoiselle, l’instit blagueuse et vieille fille que Serge avait affublée de ce surnom et, enfin, Audrey, l’animatrice radio dont la passion pour la musique relevait presque de la psychiatrie.
Il en manquait aussi. Marie travaillait. Chef et Isabella n’habitaient plus ici depuis quelques années déjà. Et désormais, Charles et Mylène partaient également. Le groupe n’existait déjà sans doute plus comme avant, mais ce départ marquait une nouvelle étape dans la dissolution définitive de ce rassemblement qui avait pris une importance immense dans leurs vies.
Les Mounier n’allaient pas vivre très loin, mais, malgré toutes les promesses qu’ils s’étaient faites, ils ne verraient probablement plus aussi souvent leurs amis.
« Ce serait grave si quelqu’un trouvait la borne et la rallumait ? demanda Mylène.
— Non, pas vraiment, répondit Serge, en sueur. Personne ne pourrait plus rien en faire. Ton numéro n’est plus en service. Pas vrai, Audrey ? »
Elle acquiesça.
« C’est Chef et Isabella qui auraient dû l’emmener, dit Mohamed.
— Pourquoi ? demanda Mademoiselle. En souvenir de notre échec ?
— Oh, allons, nous n’avons pas tout foiré, dit Audrey en s’efforçant de sourire.
— Tout dépend du point de vue », déclara Mylène avec tristesse.
Un silence gênant retomba. Charles ne le laissa pas s’éterniser.
« Bon, vous avez tous bien travaillé avec ces cartons, dit-il. Vous avez bien mérité un apéro. Je vais chercher la glacière. »
Près de lui, Serge posa les mains sur les hanches et soupira.
« Je croyais qu’il viendrait jamais, ce pastis, lança-t-il à son ami qui s’éloignait.
— Je ne sais pas si tu y auras droit, toi, dit Mylène Mounier en refermant le véhicule. Je ne t’ai pas vu travailler beaucoup…
— Tu rigoles ? J’ai porté tes caisses de bouquins tout seul. Tu lis trop, Mylène. »
Charles regarda dans la glacière et adressa une grimace désolée à son ami.
« Tout le monde aime la bière ? » dit-il avant de commencer à distribuer des canettes fraîches.
Tous étaient assoiffés et personne n’attendit que l’on trinque avant de boire.
« Le camion est rempli, la maison est vide, dit Mademoiselle. Il faut se rendre à l’évidence, vous partez vraiment.
— Et ça, personne n’a pu le prédire, dit Serge.
— Vous allez nous manquer, putain », ajouta Mohamed.
Mylène détourna la tête un instant. Audrey s’approcha d’elle et la prit par l’épaule.
« Allons, ça va aller. Et puis, nous sommes en 1991, y’a un truc qui s’appelle le téléphone. C’est super moderne. Tu devrais essayer, tu verras, c’est génial. On peut se parler à distance. »
Mylène lui donna un coup de coude au ralenti et sourit.
Une camionnette jaune apparut alors brusquement au bout du chemin qui menait à la maison.
«Tiens, le facteur, dit Mylène. Tu n’as pas fait le changement d’adresse, Charles ? Je croyais que tu étais allé à la poste ?
— Mince, j’ai oublié. J’avais tellement de trucs à préparer… »
Charles s’éloigna en direction du véhicule. Lorsque celui-ci s’arrêta, il se pencha vers la fenêtre ouverte, côté conducteur, et prit une enveloppe blanche. Puis, une fois le facteur reparti, il retourna vers ses amis en ouvrant le courrier. Il s’arrêta quelques secondes pour en parcourir le contenu et reprit son chemin.
« Une lettre des États-Unis », dit-il en rejoignant les autres.
Mylène lui lança un regard interrogateur.
« Des nouvelles de la petite », dit-il.

2010

Sous le regard réprobateur de son mari Charles, Mylène Mounier fait pénétrer Delphine, Romain, Samuel et Frédéric dans la maison. L’intérieur est sombre, le vieux carrelage marron et les murs tachés. L’entrée encombrée d’une penderie couverte de manteaux, incongrus en cette saison, débouche sur une grande salle qui semble faire office de salon. Plusieurs fauteuils d’allure confortable, mais fatigués, côtoient une table sur laquelle s’entassent du linge et des magazines ainsi qu’une vaste cheminée où l’on devait autrefois pouvoir faire cuire un cochon de lait. Au fond, un gros meuble bas et massif est recouvert d’une dizaine de cadres photos.
Frédéric, mal à l’aise, reste un peu en arrière :
« Euh, vous êtes sûrs qu’il n’y a plus aucun danger ? Enfin, je veux dire, le fusil…
— On vous a dit que Philippe n’était pas dangereux, rétorque Charles Mounier sur un ton sec. Et j’ai mis l’arme à l’abri.
— Asseyez-vous », leur intime Mylène en désignant des fauteuils.
Romain, sûr de lui, s’installe aussitôt, tandis que Samuel indique à Delphine un siège avant d’aller s’asseoir dans un autre. Frédéric balaie la pièce du regard. Il semble hésiter à rester debout, puis pose finalement une fesse sur l’épais accoudoir près de son amie. Mylène tire une chaise de la table pour la placer près d’eux. Son mari reste debout, près de la cheminée, et sort d’une poche deux cartouches de fusil qu’il fait tourner dans ses mains.
« Vous voulez boire quelque chose ? » demande la maîtresse de maison.
Romain ouvre la bouche pour répondre, mais son frère le devance :
« Non, merci. Nous sommes simplement venus vous poser des questions. Vous avez dit que vous alliez nous raconter comment vous avez aidé notre amie Leïla. Vous la connaissiez ?
— Non, pas exactement, répond Mylène. Je l’ai croisée le soir de sa disparition, c’est tout.
— Alors, c’était bien vous dans la camionnette bleue, dit Delphine. Vous avez menti aux gendarmes.
— Elle ne voulait pas que j’en parle…
— Attendez, attendez, je ne comprends déjà plus rien, lance Samuel. Vous avez vu Leïla le soir de sa disparition et vous n’en avez pas parlé aux gendarmes parce qu’elle ne voulait pas ? Je comprends que tu n’aies rien dit, toi, Delphine, mais putain, vous étiez adulte, vous ! Et Leïla n’avait que quatorze ans. Elle n’était pas censée disparaître ainsi…
— Je crois qu’il faut que l’on remonte un peu en arrière, dit Mylène très calmement. Pour que vous compreniez mieux.
— Ils n’ont pas besoin de tout savoir, Mylène, dit Charles. Ça sert à quoi ?
— Je ne peux pas tout leur raconter de toute façon, répond sa femme, mais c’est loin maintenant, tout ça. Il est peut-être temps qu’ils passent à autre chose.
— C’est exactement pour ça que nous sommes venus, dit Romain. Dans l’espoir de peut-être pouvoir mettre tout ça derrière nous.
— Aidez-nous, dit Delphine, nous avons besoin de savoir.
— Vous vous doutez bien que je ne peux pas tout vous dire, explique Mylène.
— Nous sommes trop cons pour comprendre, c’est ça ? lança Samuel.
— Pas du tout, dit Mylène, tandis que le bruit plastique des cartouches qui s’entrechoquent semble accélérer. Cela n’a rien à voir. Cependant, mon mari a sans doute raison. J’ai toujours trop parlé, mais je crois que ça ne prête plus à conséquence pour nous désormais. Évidemment, nous ne sommes pas les seuls en cause, alors je vous prierai de ne pas me demander plus de détails que je veux bien vous en donner. Je n’ai pas envie de trahir ou de mettre dans l’embarras des personnes qui nous sont chères. Si je refuse de vous répondre, n’insistez pas s’il vous plaît », dit-elle en s’adressant spécifiquement à Samuel.
Il la défie du regard quelques instants puis, comme à contrecœur, cède et hoche la tête. Elle reprend.
« Puisque c’est grâce à Scipio que vous avez fait le lien avec nous, je peux déjà vous dire que c’est nous qui avons conçu le jeu. Enfin, nous et quelques autres. Cela n’avait rien d’évident au début, et nous avons longtemps travaillé sur ce projet, mais pour quel résultat. Ce jeu était magnifique, novateur, il n’a toujours pas connu d’équivalent. D’une simplicité enfantine et d’une complexité folle. Celui qui a tout programmé a signé sous le nom de Moloch.
— MLK ? songea tout haut Frédéric.
— Quoi ? dit Charles.
— Le meilleur score de Scipio est détenu par quelqu’un qui a signé de ces trois lettres : MLK. C’était ce Moloch?
— Je ne sais pas, avoua Mylène en regardant le plafond. Possible. Même si quelqu’un d’autre a pu également inscrire ses initiales. Mais impossible de lui demander, désormais. Moloch a en quelque sorte… disparu, lui aussi.
— « Lui aussi ? » déclare Delphine, brusquement enthousiaste. Qui d’autre a disparu ? Leïla, pas vrai ? Vous savez qu’elle est partie. Qu’elle s’est enfuie de chez elle… C’est ça, hein ? J’avais bien raison, les gars, vous voyez !
— Je n’en suis pas là. Je vous parlais du jeu que nous avons conçu avec des amis. Scipio. Comme Scipion Émilien et son cercle. Vous en avez peut-être entendu parler. Une réunion de philosophes et de savants du IIe siècle avant Jésus-Christ. Nous étions un peu comme ça nous aussi, au début des années 1980. Un groupe de personnes aux idées proches, avec les mêmes centres d’intérêt, des points de vue sur le monde assez semblables. Puis, nous nous sommes rendu compte qu’à nous tous, nous parvenions à prédire l’avenir…
— Mylène ! » lança Charles d’une voix grave et menaçante.
Elle lui lance un regard noir, le défiant d’élever de nouveau le ton.
« Vous parveniez à prédire l’avenir ! s’exclame Samuel. C’est quoi ces conneries ?!
— Oubliez ça, dit Mylène. Pour le coup, c’est vraiment très difficile à expliquer. Et je ne suis pas sûr que cela vous aiderait à comprendre ce qui est arrivé à Leïla. Où en étais-je ? Ah oui, les réunions avec nos amis. Nous nous retrouvions une fois par semaine pour refaire le monde, puis nous avons fait des… constatations qui nous ont conduits à continuer dans cette voie.
— Des constatations ? demande Frédéric.
— Je ne peux pas vous en dire plus. »
Charles Mounier acquiesce sans quitter des yeux sa femme. Samuel s’adosse dans son siège en poussant un soupir de frustration. Mylène reprend :
« Au bout d’un moment, nous avons décidé d’agir, de lutter, à notre échelle, contre tout ce qui nous paraissait ne pas tourner rond dans ce monde. De changer tout ce qui était à notre portée, d’avoir une influence positive sur notre environnement immédiat. Vous avez forcément déjà tous entendu cette citation de Saint-Exupéry : « Mozart assassiné. » L’idée qu’il y a pire que la misère, que des enfants sont brisés par la société, par ce monde, et qu’ils ne parviendront jamais à accomplir tout leur potentiel. Le gamin destiné à devenir Mozart est condamné à finir dans la puanteur d’un café-concert. »
Elle se tait un instant pour reprendre sa respiration. Un gros bruit résonne soudain au plafond, comme un meuble qu’on déplacerait à l’étage. Mylène et Charles Mounier échangent un regard.
« C’était quoi ça ? demande Frédéric en se levant d’un bond.
— Philippe… répond Mylène d’un air désolé. Il bloque parfois la porte de sa chambre.
— Ce n’est rien, dit son mari. J’irai le voir tout à l’heure. »
Romain échange un regard surpris avec son frère. Delphine, elle, concentrée sur le récit de la maîtresse de maison, s’avance sur son siège et la relance :
« Vous en étiez à Mozart.
— Oui, nous voulions aider des Mozart à se développer, dit Mylène.
— Et vous vous êtes servi du jeu pour ça », déclare doucement Frédéric, toujours debout, comme s’il réfléchissait à voix haute.
« Oui, répondit Mylène. L’un d’entre vous a-t-il réussi à y jouer ?
— Non, répondirent Frédéric et Romain, tandis que les deux autres secouaient la tête.
— Alors, vous n’étiez pas des Mozart, déclare sèchement Charles Mounier.
— Ah ben, comme ça, c’est clair, dit Romain, amusé.
— Mais Leïla…, dit Delphine.
— Oui, convient Mylène. Nous l’avons repérée grâce à Scipio.
— Et qu’avez-vous fait d’elle ? s’emporte Samuel.
— Du calme, jeune homme, dit lentement Charles en rangeant les cartouches dans sa poche. J’ai peut-être l’air d’un vieux hippie, mais j’ai fait des choses qui vous feraient détourner la tête si vous les voyiez sur un écran. »
La gorge de Samuel se serre.
« Nous n’avons rien fait à Leïla, explique Mylène. Les joueurs qui parvenaient à achever une partie de Scipio étaient invités à appeler un numéro de téléphone et tombaient sur l’une de nos amies. S’ils avaient besoin d’aide, nous nous efforcions de contribuer.
— D’accord, dit Delphine. Leïla a terminé le jeu, vous a appelés, et ensuite ?
— Elle voulait s’enfuir. C’est tout. Nous l’y avons aidée.
— Comment ? demande Frédéric.
— Presque rien. Un peu d’argent pour pouvoir partir et des affaires que je lui ai fournies afin qu’elle n’ait pas à en emporter de chez elle. Elle voulait que personne ne se doute qu’elle partait de son plein gré. Elle voulait brouiller les pistes.
— Et vous l’avez aidée ? s’étonne Samuel. J’ai l’impression de me répéter, mais putain, elle n’avait que quatorze ans !
— Et elle était tout de même plus intelligente, déterminée et forte que nous le sommes aujourd’hui, dit doucement Frédéric en s’approchant lentement du meuble bas, au fond du salon.
— Votre ami a tout résumé, dit Mylène. Si elle voulait partir, c’est qu’elle avait de bonnes raisons. Inutile de chercher à comprendre lesquelles.
— Si c’était à refaire, je le referais. Sans hésiter. Je n’ai peut-être pas toujours été un homme parfait, mais s’il y a bien une chose dont je suis fier… C’est celle-là », ajoute Charles.
Delphine serre les dents jusqu’à se faire mal aux mâchoires.
« Je le savais putain, qu’elle était partie de son plein gré. Vous savez ce qu’elle est devenue ensuite ? Elle est toujours vivante ?
— Comment voudriez-vous que nous le sachions ? dit Charles.
— Je ne l’ai vue que deux minutes, le soir de sa disparition, explique Mylène. Je ne peux pas vous répondre. Je suis désolée.
— Vous ne l’avez vue que deux minutes ? s’emporte Samuel. Et vous êtes fiers de vous ? Vous avez envoyé une gamine de quatorze ans dans la nature sans vous soucier de ce qu’elle pourrait devenir et vous êtes désolée ? Mais merde, vous êtes complètement tarés ! »
Romain se penche pour poser une main sur le bras de son frère.
« Du calme, lui dit-il.
— Il vaudrait mieux se calmer, en effet », marmonne Charles Mounier.
Frédéric s’est approché du gros buffet au fond de la pièce. Il se penche sur les cadres photos posés dessus. Images du couple plus jeune, randonnée dans la montagne, un mariage, avec un bébé, un groupe d’enfants qui prennent la pose devant le gîte où Romain s’est marié.
Charles lance un regard inquiet à sa femme.
« Oh, putain », laisse échapper Frédéric.
Sur un cliché, un groupe de cinq étudiants, vêtus de la tenue caractéristique des remises de diplômes américaines, sourient à l’objectif. Ils ont tous l’air d’avoir dix-huit ou dix-neuf ans. Le visage d’une jeune femme attire plus particulièrement son attention. Malgré les changements dus à la différence d’âge, elle correspond parfaitement à ses souvenirs.
« Les gars, dit-il d’une voix entrecoupée. Venez voir ça.
— Merde, murmure doucement Charles Mounier.

Là, sur la photo… C’est Leïla. »

À suivre.

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