C’est le lot des grands expérimentateurs : passer des succès-surprises, ou savamment calculés, aux échecs cuisants. Après l’accueil tiède du plus classique Alliés, Robert Zemeckis s’est attiré une déconvenue commerciale avec Bienvenue à Marwen. Rien de très étonnant au vu de la radicalité de cette fable peuplée de pantins et racontée au prisme d’un esprit dérangé. Mais puisqu’il s’agit d’une somme de recherches passées, il fallait se pencher sur son cas en la compagnie d’un des rares pontes de l’entertainment contemporain dont l’audace reste intacte depuis quatre décennies.

Cet entretien a eu lieu à la fin du mois de novembre 2018, dans une suite du Bristol. Paul McCartney jouait à Paris ce soir-là, et Robert Zemeckis, beatlemaniac notoire, nous a glissé le tuyau quand on lui a demandé s’il allait assister au concert : McCartney se trouvait dans le même hôtel. Nous voilà projetés magiquement dansI Wanna Hold Your Hand, son premier film, voyant de jeunes fans des Beatles s’infiltrer dans le palace où étaient descendus les quatre divinités chevelues. Des conditions idéales pour discuter de Bienvenue à Marwen à l’aune de sa filmographie passée, de chercher les points de contact entre cet apologue bâtard et ses précédentes expérimentations. Toutes sont, comme on le sait, gouvernées par les collisions de mondes donnés pour réels avec un vaste réseau de fantasmes pop-culturels.

L’histoire vraie de Mark Hogancamp, artiste dont les clichés de maquette d’un village belge occupé par les nazis sont le moyen de conjurer un lourd trauma (son passage à tabac par les clients d’un bar, mécontents de l’entendre avouer son plaisir de porter des talons aiguilles) inspire à Bob Zemeckis une fusion de matières presque aussi radicale que celle de Roger Rabbit. Bien sûr, le pari est moins osé techniquement que ceux des années ILM, ou de sa trilogie en mocap’– au vu de l’avancée technologique dont bénéficie aujourd’hui toute l’industrie. Mais il reste un aboutissement sur le plan de l’écriture et des moyens d’identification. Peut-on vraiment se retrouver dans les gesticulations des avatars de Steve Carell et Diane Kruger, et se laisser happer par les exploits épiques d’une escouade de pantins hideux ? Pas sans un malaise que Zemeckis installe délibérément, proposant un antidote « deux en un » aux facilités qui gâtent le blockbuster contemporain : l’épate numérique vide de sens (les corps digitalisés pour un oui ou pour un non) et la tolérance fallacieusement prônée au gré de tambouilles « inclusives » masquant en vérité de nouvelles niches marketing. Même si elles ne marchent pas à tous les coups, loin s’en faut, les expériences zemeckisiennes n’ont rien de gratuit et mettent toujours en avant la singularité physique ou psychique d’un héros solitaire, qu’un monde alentour plus ou moins hostile entend plier à son image.Bienvenue à Marwen n’est pas un film aimable, ni un film aimé, mais il vaut pourtant comme synthèse jusqu’au-boutiste d’une oeuvre entière possédée par cette forme étrange d’humanisme, planqué sous des couches d’imageries hybrides, quelque part entre le beau et les couleurs criardes.

« Je trouve très puissante l’idée de l’art comme outil. Voire comme force curative. Il sauve nos vies

Entretien avec Robert Zemeckis

Carbone : Après The Walk, vous restituez à nouveau l’ahurissante création d’un artiste atypique, presque engoncé dans sa propre vision…

Robert Zemeckis : Si Bienvenue à Marwen est la continuation logique de The Walk, je n’en suis pas conscient. Mais je trouve effectivement très puissante l’idée de l’art comme outil. Voire, dans ce cas spécifique, comme force curative. Il sauve nos vies, du moins il vole à leur rescousse assez régulièrement. Et d’une façon générale, au cinéma, la créativité artistique amène des situations auxquelles on peut s’identifier. Parce qu’elle existe pour répondre à des questions que tout le monde se pose, face à la vie comme face à un film.

Mettre en avant de tels personnages d’artistes, c’est une manière de livrer un autoportrait sur le tard ?

R.Z. : Il y a une métaphore de ma propre condition, c’est sûr. Mais ce n’est pas nécessairement de moi dont il s’agit. Parce qu’encore une fois, l’art possède cette portée universelle : racontez l’histoire de n’importe quel grand peintre, et le spectateur aura une chance de s’y retrouver. Même s’il ne pratique que l’aquarelle.

On pense forcément à votre proximité avec Hogancamp, le héros de Bienvenue à Marwen, parce qu’il utilise l’image…

R.Z. : C’est vrai que ses photos fonctionnent comme une fenêtre donnant sur son imaginaire. Or les films d’un cinéaste, c’est pareil. L’essence de l’oeuvre de Mark Hogancamp a beaucoup à voir avec le cinéma. Si j’avais dû raconter la même histoire avec un personnage d’écrivain, le film n’aurait pas eu la même puissance. Enfin, on pourrait le faire, mais en trouvant une autre manière de matérialiser ses visions. Mark, cela dit, est une sorte d’écrivain à la plume photographique… En tout cas, quand j’ai vu le documentaire qu’on lui avait consacré, j’ai immédiatement pensé que le seul moyen de rendre justice à sa démarche serait de peindre les scènes mentales qui déterminent ses compositions, avant qu’il ne prenne ses photos ; la vie spirituelle située entre son impulsion et le résultat pictural, en quelque sorte. Évidemment, plus que le documentaire ou l’écrit, le cinéma de fiction semblait le meilleur médium.

Même si concevoir un blockbuster comme le commentaire d’une oeuvre conceptuelle, fait qui plus est d’allers-retours entre le réel et les projections mentales de l’artiste, a dû être un challenge…

R.Z.: Je m’y étais préparé et au fond, mes films précédents avaient été un entrainement pour cette fusion étrange entre récits classique et mental. En toute modestie, je pense avoir réussi : je ne sais pas à quel point le public comprend quand commencent les fantasmes et quand s’arrête la « réalité » mais… je suis confiant. La première apparition de Steve Carell en pure live action est pensée de manière à marquer la frontière entre l’un et l’autre : je l’ai filmé cramponné à son appareil photo pour faire accepter au public que ce dernier est une sorte de prisme. Quand il a son appareil, vous plongez dans son imagination.

Le mélange fonctionne, mais amène aussi une sensation de malaise qui semble délibérée : vous conduisez le public à se demander quel crédit accorder aux prouesses épiques de poupées plutôt effrayantes…

R.Z. : Oui, mais comme vous le dites, c’est délibéré. Je cherchais à diffuser la sensation que toutes les images proviennent du même cerveau, même si elles ne se ressemblent pas. Au départ, le mouvement de va-et-vient entre deux mondes parait volontairement mécanique, si vous voulez. Mais l’idée, c’est qu’il finisse par sembler naturel, parce que l’on s’habitue à ce que les « mondes » ne soient de toute manière que des projections. En d’autres termes, vous êtes d’abord gêné parce que vous vous demandez : « suis-je dans la perception de Hogancamp ou dans celle de la figurine ? », mais le malaise s’estompe car en fin de compte, il s’agit de la même personne.

Bienvenue à Marwen - © 2018 - Universal Pictures

Vous avez souvent dit, ces derniers temps, que les défis techniques avaient disparu au cinéma étant donné que tout devient possible numériquement. Bienvenue à Marwen n’a posé aucun problème d’ordre technique ?

R.Z. : Disons que même si la fabrication numérique a été simple en soi, le défi a été le suivant : s’assurer que l’apport émotionnel des acteurs s’imprime puissamment dans le design des figurines. On a lutté très dur pour y arriver , parce que tout le processus habituel s’est trouvé chamboulé. En principe, verrouiller le casting est la dernière chose que l’on fait, parce qu’on attend jusqu’à la dernière minute de dégoter le parfait candidat pour chaque rôle. Mais pour Marwen, on a dû arrêter une distribution dès le premier jour puisque toutes les poupées devaient être prêtes : cheveux, garde-robe, traits faciaux, etc… Donc chaque comédien a été casté, puis scanné, puis transformé en figurine, costumé et enfin maquillé. On a conçu pour chacun une poupée à l’échelle pour réaliser ses mouvements en performance-capture.

« Il peut être difficile de s’identifier à des personnages dérangés, mais n’importe qui peut être sensible à leur évolution. »

Le plus troublant, c’est que les plus grandes scènes épiques sont vécues par les jouets. De ce point de vue, l’exemple le plus poche est peut-être Small Soldiers de Joe Dante

R.Z. : Je ne l’ai pas revu depuis sa sortie, mais c’était de l’animation pure et simple. Peut-être que Mark, lui, s’est inspiré de Small Soldiers pour ses oeuvres. Mais surtout, je crois qu’il s’est nourri de ce qu’il avait a portée de main – c’est la beauté de son art. Ces figurines de la Deuxième Guerre mondiale sont très populaires auprès d’un certain public, qui les divinise. Il s’est simplement servi de la fascination pleine et enfantine pour ces objets comme d’une base pour ses tableaux narratifs.

Le choix de Steve Carell apparait comme une évidence : à vrai dire, on ne voit pas qui d’autre aurait pu jouer Hogancamp..

R.Z. : La figure tragique de l’homme brisé est devenu sa spécialité. Bien sûr, c’est le mélange de sa facette comique et de ses capacités de tragédien qui fait toute sa force. C’est en le voyant dans Foxcatcher que m’est apparu l’étendue de sa palette. Il y a quelque chose en lui qui rend la folie à la fois véridique et accessible… Même s’il est très stable, humainement !

Restituer une psyché tourneboulée, c’était l’ambition de Forrest Gump. Mais vous entreteniez une distance ironique avec Forrest et sa mauvaise compréhension du monde, alors qu’on entre en adéquation parfaite avec la perception de Hogancamp…

R.Z. Bienvenue à Marwen est plus intérieur, c’est vrai. Mais le principe est similaire sur certains points : explorer la zone psychique dans laquelle vivent ce genre de personnages. Parce que cette zone est toujours une scène propice à la dramaturgie. Gump et Hogancamp vivent chacun dans un univers dramatiquement riche. En retraçant leurs parcours, vous proposez forcément un voyage vers l’espoir et la guérison… C’est surtout cette idée de guérison qui m’intéresse avec Marwen. Il peut être difficile de s’identifier à des personnages dérangés, mais n’importe qui peut être sensible à leur évolution. Même si le trauma de départ n’est pas le même.

Cette plongée dans le mental d’un homme seul vous permet de renouer avec les trajectoires individuelles de grands solitaires.

R.Z. C’est peut-être la somme de mes personnages, oui. Ils sont tous très solitaires, c’est vrai… Surtout Tom Hanks dans Seul au monde, naturellement ! Mais Mark recherche aussi l’amour et la compagnie. Parce que le retranchement n’est pas une solution viable sur le long terme.

 

Zemeckis Marwen

En haut : Forrest Gump - © Copyright 1994 - Paramount Pictures . En bas : Robert Zemeckis et Tom Hanks sur le tournage de Seul au monde - © 2000 - DreamWorks SKG

« On cherche toujours à vous ramener vers la conformité à un moment donné. Tout le monde peut s’identifier à un personnage bizuté ou maltraité. »

Ce n’est pas la meilleure condition pour créer ?

R.Z. Si, en un sens. Mais lorsque vous avez créé, et que le refus des autres ne sert plus son but, il faut s’extirper de votre « île ». Je ne veux pas faire de la solitude une valeur à placer au-dessus de tout, mais je crois que j’ai un amour pour les histoires racontées depuis un seul point de vue. C’est toujours plus difficile à faire, mais il y a une pureté incroyable dans les narrations attachées à une paire d’yeux unique.

Comme Gump, Hogancamp doit affronter la figure du « bully« , le harceleur brutal. Votre filmographie compte beaucoup de bullies : il y a évidemment Biff Tannen, mais aussi le méchant de I Wanna Hold Your Hand… Auriez-vous une sorte de fascination ?

R.Z. Je ne sais pas si je suis fasciné par les bullies, mais je dois probablement les détester ! Je pense qu’ils apportent la métaphore parfaite du conflit existentiel qu’on traverse tous : vous voulez être quelqu’un ou quelque chose, et une autre personne pulvérise ce quelque chose. On cherche toujours à vous ramener vers la conformité à un moment donné. Tout le monde peut s’identifier à un personnage bizuté ou maltraité.

Marwen Zemeckis

Retour vers le futur - © 1985 Universal Studios

Même les bullies eux-mêmes.

R.Z. Même eux, oui ! Enfin, il me semble, parce que tout bullyest devenu ce qu’il est parce qu’il a lui même été salement malmené et scarifié.

Il a beaucoup été dit que Biff Tannen était la prédiction…

R.Z. …de Trump, oui. De manière inconsciente, j’imagine ! Il faut avouer que tout correspond. Même les cheveux.

Au fait, la maquette de DeLorean volante que se fabrique Hogencamp, c’est une simple auto-citation ?

R.Z. :   Je comprends qu’on le reçoive de cette façon, mais en réalité, j’ai raisonné ainsi : si on demandait aux passants dans la rue de dessiner une machine à voyager dans le temps, une vaste majorité esquisserait spontanément une voiture volante. C’est donc ce que fait Mark !

« J’ai entrepris Bienvenue à Marwen il y a huit ans (…), et pourtant les comportements brutaux décrits dans le film entrent en résonance avec l’actualité. »

C’est aussi l’idée de Ready Player One…

R.Z. Oui, leur DeLorean est très chouette. Elle ressemble à la vraie. J’ai bien aimé l’hommage, même si je n’ai pas bien saisi ce qu’était le Zemeckis Cube. Il sert à manipuler le temps, d’une façon ou d’une autre…

Vous n’avez pas demandé à Spielberg ?

R.Z. Non, mais ça doit être dans le livre !

Les autres maquettes, et toutes les possessions de Mark Hogancamp, sont figurées avec un soin presque maniaque…

R.Z. :  C’est issu de l’observation de son domicile, mais j’ai aussi inventé une partie de son mobilier : alors que toutes ses créations sont situées dans sa cour, j’ai rajouté des maquettes sur ses murs et autour de son lit pour marquer son isolement au milieu de son propre univers. J’avais envie de détourner le look ordinaire des mobil-homes, typique des États-Unis et que vous n’avez probablement pas en France.

Marwen RPO

Affiche japonaise (obviously) de Ready Player One, avec sa DeLorean au premier plan

À ce sujet, c’est le troisième film d’affilée comportant des dialogues en français, et de nombreux éléments issus de la culture francophone. Êtes-vous devenu francophile ?

R.Z. : Je ne sais pas d’où ça me vient ! Le personnage de Suzette vient effectivement de France, comme Marion dans Alliés qui se situe au Maroc sous protectorat français, et puis il y avait Philippe Petit dans The Walk… Peut-être bien que je suis devenu francophile. Ou alors, peut-être que les personnes de culture française font tout simplement des choses inspirantes !

Bienvenue à Marwen arrive dans un contexte particulièrement tendu aux États-Unis, comme pour mettre en lumière les crimes de haine observés récemment.

R.Z. : Oui, et c’est plutôt tragique que l’on soit raccord. J’ai entrepris ce film il y a huit ans, et tout l’environnement social a été conçu au service de l’histoire. Je n’a pas directement ancré l’action dans une époque définie, le contexte est nébuleux. Et pourtant, les comportements brutaux décrits dans le film entrent en résonance avec l’actualité. C’est assez triste, mais c’est comme ça.

Zemeckis Marwen

Bienvenue à Marwen - © 2018 - Universal Pictures

Pourquoi ce choix de ne pas marquer une époque précise ?

R.Z. : Je ne sais pas, l’idée me semblait simplement adaptée. Je ne voulais pas faire référence au passé, mais je ne voulais pas non plus situer l’action dans le présent. J’ai donc demandé au département des décors d’éviter les calendriers et les marqueurs chronologiques, et de mélanger les appareils – modèles de téléphones, de voitures, de jouets – pour qu’on ne puisse pas identifier l’époque avec certitude.

Au-delà de la technique, le vrai défi n’est-il pas culturel – vendre à l’industrie l’histoire d’un artiste qui se rêve en aviateur de la Seconde Guerre, sauvant le monde en talons aiguilles ?

R.Z. : Si, c’est très edgy. Mais c’est vital, aussi. Il est important d’oser imposer ce genre de choses. Disons-le ainsi : le plus subversif dans ce film, c’est qu’il défie les genres. Dans tous les sens du terme. Les genres hollywoodiens bien entendu, mais aussi au sens large. L’industrie du cinéma veut étiqueter les choses, les ranger des des boites, et le monde tend à faire pareil… Tel que j’en parle, on pourrait se dire que Marwen est en soi un commentaire sur la société. Ce n’est pas complètement le cas, mais un peu. Le personnage est complexe pour cette raison : on ne peut l’étiqueter. Et le film non plus. Est-ce un drame ? Une comédie ? Une fable politique ? Qu’est-ce que c’est, au fond ?

« On ne sait pas dans quel tiroir mettre mes films. Je suis assez fier d’avoir pu arriver à ce résultat. Tout au long de ma carrière, j’ai pu défier les genres et ne pas m’enfermer dans l’un d’eux. »

La majorité de vos films cherchent à échapper à une telle catégorisation.

R.Z.  : Oui, n’est-ce pas ? On ne sait pas dans quel tiroir les mettre. Je suis assez fier et reconnaissant d’avoir pu arriver à ce résultat. Tout au long de ma carrière, j’ai pu défier les genres et ne pas m’enfermer dans l’un d’eux. C’est pourtant ce qui arrive à la plupart des réalisateurs. Ils le choisissent probablement, mais moi, j’aime l’idée de surfer sur tout le spectre des narrations possibles. Je suis peut-être mon propre genre.

Les autres choisissent souvent en effet de se spécialiser, parce que le genre offre un rail confortable… Que vous refusez parce qu’il limite l’expérimentation ?

R.Z.  : Parce qu’il est stimulant de ne pas être certain que ça va marcher, en tout cas. Chaque récit est risqué quand il n’y a pas de codes à appliquer. Artistiquement, il est très constructif de ne pas utiliser le genre.

Zemeckis

Brad Pitt dans Alliés - Crédit photo : Daniel Smith - © 2016 Paramount Pictures

Après Alliés, Marwen est toutefois votre deuxième long métrage sur la Seconde Guerre… En quelque sorte.

R.Z.  : Absolument, j’ai revisité les mêmes éléments. J’ai une théorie sur les World War 2 movies… Avant d’en faire, je me suis longtemps demandé pourquoi ils étaient si populaires, pourquoi cet univers était increvable. Bien sûr, c’est en partie dû au fait que ce sont les années les plus cinématographiques de l’histoire de l’humanité : la frontière entre les gentils et les méchants est très nette. Mais surtout, cette période n’est pas complètement exotique : il y a des autos, des téléphones, des écrans de cinéma… Des repères qui n’existent pas quand vous voyez des westerns, ce pourquoi ils ont disparu. Alors que, si vous y pensez, notre époque n’est qu’une version très sophistiquée des années 40.

Votre vocation expérimentale s’est affinée depuis les années 80 : relativement moins technique, elle rejoint presque, aujourd’hui, celle d’un cinéaste comme Francis Ford Coppola… C’est une affaire de génération ?

R.Z.  : C’est peut-être générationnel, mais c’est sans doute plus simplement dû au désir d’élargir ses compétences avec l’âge. Quoi qu’il en soit, c’est mon cas : plus j’avance, plus j’ai horreur de la répétition. Au contraire, j’ai envie de me prouver mon habileté à tirer parti d’une nouvelle contrainte. Et surtout, je serais aujourd’hui incapable de faire un film qui n’est pas porté par une idée singulière. Si c’est en cela que consiste l’expérimentation, alors oui, j’imagine qu’on peut dire que j’ai une attitude expérimentale.

Filmographie Zemeckis

  • The Witches (2020)
  • Bienvenue à Marwen (2018)
  • Alliés (2016)
  • The Walk (2015)
  • Flight (2012)
  • Le Drôle de Noël de Scooge (2009)
  • La Légende de Beowulf (2007)
  • Le Pôle express (2004)
  • Seul au monde (2000)
  • Apparences (2000)
  • Contact (1997)
  • Les Contes de la crypte (TV, 3 épisodes, 1989-1995)
  • Forrest Gump (1994)
  • Johnny Bago (TV, 1 épisode, 1993)
  • La Mort vous va si bien (1992)
  • Two-Fisted Tales (TV, segment « Yellow », 1992)
  • Retour vers le futur 3 (1990)
  • Retour vers le futur 2 (1989)
  • Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988)
  • Histoires fantastiques (TV, 1 épisode, 1986)
  • Retour vers le futur (1985)
  • A la poursuite du diamant vert (1984)
  • La Grosse magouille (1980)
  • Crazy Day (I Wanna Hold Your Hand) (1978)

 

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