En 1985, Michael Jackson acquiert le catalogue ATV, un des plus convoités au monde. Parmi ses 4000 titres, 200 sont des compositions des Beatles et pas les moins connues : Let it Be, Hey Jude, Yesterday, Penny Lane, Strawberry Fields Forever…En 1985, la presse britannique trouve un surnom à l’homme qui a racheté les Beatles après avoir signé l’album le plus vendu au monde (Thriller). C’est la naissance de « Wacko Jacko », un artiste afro-américain blanchi et aux mœurs douteuses. MJ entre dans le « Bad ». On lui invente un double, comme on le fit avec Paul McCartney en 1966. On ne devient pas le cinquième Beatle noir sans en payer le prix. Crossover entre Bad et Sgt Pepper à l’occasion de leurs anniversaires respectifs.

Deuxième épisode de notre série Black Pop, consacrée à la culture pop, en noir de peau et d’âme.

Michael Jackson

Paul McCartney et Michael Jackson en 1983

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Avant d’entrer dans le « bad », faisons un détour par la pop blanche et la comédie américaine. Parmi les nombreux personnages qu’Eddie Murphy aura inventé lors de son passage par le Saturday Night Live, il y a l’hilarant Clarence. Ce musicien inconnu au bataillon prétend être le cinquième Beatles. Vraiment ? Un Beatles…noir ? Pièce à conviction numéro 1 : une photo avec les Fab Four, Clarence au centre, tenant fièrement son saxophone baryton. Pièce à conviction numéro 2 :  les parties de cuivre de Clarence ainsi que ses choeurs soulful s’entendent distinctement dans les enregistrements du début des années 60, les Beatles les auront tout simplement retiré du mix final. À l’origine, explique Clarence à la fin du sketch, « She Loves You Play » s’intitulait « She Loves You, Man », « Help Play » « Help Me, Man », « She Got a Ticket to Ride » « She Got a Ticket to Ride and The Bitch Don’t Care, Man », etc. Murphy s’est vraisemblablement inspiré du parcours du pianiste et chanteur Billy Preston. Avant d’être le compositeur de « You are so beautiful » et « Nothing from Nothing Play », Preston fut un compagnon de route des Beatles qu’il rencontre adolescent à Hambourg en 1962. Il accompagne alors Little Richard comme organiste lors d’une tournée. Adoubé par John Lennon, Preston sera crédité pour ses parties de clavier sur Let It Be et Abbey Road. Son nom apparaîtra sur la pochette du 45 tours Get Back Play / Don’t Let Me Down signé « The Beatles with Billy Preston ». Avec le producteur George Martin, il se disputera le titre de « cinquième Beatles ». Eddie Murphy était proche de la vérité et venait ainsi rappeler la grande histoire d’amour entre la soul music et les Beatles.

1984, la puissance afro-américaine 

Le 25 février 1984, le jeune stand up guy quitte le Saturday Night Live. Il a signé un contrat juteux avec la Paramount pour Le flic de Beverly Hills et cinq autres films. Son irrésistible ascension comme star hollywoodienne et producteur participe d’un mouvement plus général. 1984 est une grande année pour la culture et la visibilité afro-américaines, tous domaines confondus : Carl Lewis devient une légende des Jeux Olympiques, Prince triomphe avec Purple Rain, Michael ‘Air’ Jordan  entre à la NBA, Bill Cosby fait entrer la famille noire aisée et aimante du Cosby Show dans les foyers américains, et last but not least, Michael Jackson est devenu avec Thriller (1982), l’album puis le clip mythique de la title track, l’artiste pop le plus puissant au monde.

Thriller sera la revanche de MJ sur son album précédent, du moins sur la façon dont il fut reçu lors de la cérémonie des Grammy Awards de 1980. Comme il le raconte lui-même dans son autobiographie Moonwalk : « Bien que Off The Wall ait été l’un des disques les plus populaires de l’année, il ne reçut qu’une seule récompense : celle de meilleure interprétation vocale en Rythm and blues. Je me rappelle encore le moment où j’ai appris la nouvelle. Je me suis senti complètement ignoré par les gens du métier. » Trois ans plus tard, MJ remporte deux Grammy Awards : « Record of the Year » pour « Beat it Play » et « Album of the Year » pour Thriller, tandis qu’Eddie Murphy est lauréat du « Best Comedy Recording » pour son premier one man show Delirious. Des deux performers, le plus à même de réécrire l’histoire des Beatles ne sera pas Eddie-Clarence, mais bien Jackson.

Michael Jackson 1984

1984, année mythique autrement que pour Orwell

En 1985, MJ n’a pas seulement signé l’album le plus vendu au monde (encore aujourd’hui), il est l’artiste afro-américain qui a racheté les Beatles.

MJ rachète les Beatles 

Depuis qu’il a dîné chez son ami Paul McCartney en 1981, MJ ne voit plus les choses comme avant. Il sait désormais quoi faire de sa fortune. Ce jour-là, l’ex-Beatle lui montre un cahier qui pèse lourd dans ses revenus annuels : 40 millions de dollars. Buddy Holly, Carl Perkins, Harold Arlen…MJ a des étoiles dans les yeux. « Voilà le meilleur moyen de gagner de l’argent. Chaque fois que quelqu’un enregistre une de ces chansons, je touche de l’argent. Chaque fois que quelqu’un diffuse une de ces chansons à la radio, ou la joue live, je touche de l’argent” lui explique Paul.  C’était sans imaginer qu’en 1985, MJ mettrait la main sur le catalogue ATV Music publishing, un des plus convoités au monde. McCartney est bien placé pour le savoir. Parmi ses 4000 titres, 200 sont des compositions…des Beatles (Lennon et McCartney ont en effet perdu les droits d’édition dans les années 1960). Après négociations, Michael Jackson réussit là où son futur-ex ami Paul a échoué après plusieurs tentatives. Il acquiert le catalogue pour la somme de 47,5 millions de dollars.

À partir de 1985, chaque fois que quelqu’un enregistre « Yesterday Play », ou « Hey Jude Play » ou « Penny Lane Play », Michael Jackson touche de l’argent. Chaque fois que quelqu’un diffuse une de ces chansons à la radio, ou la joue live, Michael Jackson touche de l’argent. En 1985, MJ n’a pas seulement signé l’album le plus vendu au monde (encore aujourd’hui), il n’est pas seulement l’invité des chefs d’Etat, la star qui apparaît dans une pub pour Pepsi, le co-auteur et compositeur d’un hymne humanitaire qui fait le tour de la planète (« We are the world »), la principale attraction de la tournée « Victory » avec les ex-Jackson Five ou encore celui qui a révolutionné l’histoire du clip. MJ est l’artiste afro-américain qui a racheté les Beatles.

Michael Jackson Tussauds

MJ lors de l'inauguration de sa statue de cire au musée Tussauds

Contamination

Représenté par ses avocats qui enchaînaient les allers-retours entre la Californie et Londres, Michael Jackson aurait retourné la situation à son avantage en faisant acte de présence, à un moment où les négociations devenaient de plus en plus âpres. « C’est beaucoup plus amusant de vendre quelque chose à une superstar qu’à une corporation et sa visite a rappelé à tout le monde qu’ils étaient bel et bien en affaire avec ce genre de star » a raconté son associé et conseiller Gary Stiffelman. De retour de chez Madame Tussauds où il a inauguré sa statue de cire, Michael Jackson se mélange aux représentants d’Holmes à Court, l’ex-détenteur du catalogue ATV, et signe des autographes pour détendre l’atmosphère. Son look n’a rien d’anodin, surtout au regard de ce qu’il est en train d’entreprendre : comme le MJ de Madame Tussauds, il porte l’uniforme des Beatles sur la pochette de Sgt Pepper. Déguisés en musiciens de fanfare, les Fab Four posent justement à côté de leurs statues de cire tussaudiennes. Ces dernières représentent les « garçons dans le vent » propres sur eux que le quatuor souhaiterait enterrer. Dans la mythologie des Beatles, Sgt Pepper est surtout connu comme l’album de « la mort de McCartney ». Suite à un accident de voiture en 1966, le célèbre bassiste gaucher aurait été remplacé par un sosie du nom de William Campbell. Le look de MJ à une étape cruciale du rachat du catalogue ATV ainsi que son immortalisation dans le musée londonien sont d’une troublante synchronicité. Elles achèvent sa mue en une sorte de cinquième Beatle, sinon en légataire du patrimoine beatlesien. Mais MJ ne sait pas à quel point il se trouvera alors dans le sillage de Paul. A lui aussi, on inventera un double.

Naissance du double 

Tout commence le 17 septembre 1969, jour où un jeune homme de 19 ans publie dans un journal universitaire un texte intitulé « Is Paul McCartney dead? ». Un lecteur informe Russ Gibb, disc jockey de Detroit, de l’existence de cette théorie, Gibb diffuse le message sur les ondes et n’y va pas de main morte : Sgt Pepper prend acte de la mort de McCartney. Dès lors, tout ce que les Beatles produisent accuse cette disparition : les pochettes d’album à partir de Sgt Pepper donc (l’ambiance veillée funèbre, la mine affligée des statues de cire, les couronnes de fleurs, etc.), les titres des chansons, les paroles. « Un message crypté introduit par les conspirateurs eux-mêmes pour révéler ce qu’ils cachent à ceux qui ne doivent rien en savoir » écrit Pacôme Thiellement dans Poppermost – Considérations sur la mort de Paul McCartney : si vous tapez cette adresse dans votre barre de recherches Google, vous tomberez sur ce site délirant qui, en sept étapes, compare les photos de McCartney avant et après 1966. Paul a cédé la place à « Faul ». Comme en témoigne ses nombreuses cicatrices, le clone a eu recours à la chirurgie esthétique pour parfaire sa ressemblance avec le chanteur. En même temps, cette tentative ne saurait nous tromper. Le chanteur a les yeux marrons foncés quand ceux du Faul sont verts. L’imposteur a une forme de visage plus allongée et il dépasse le vrai Paul de quelques centimètres.

Michael Jackson Wacko Jacko Post

Le double maléfique de Michael Jackson, Wacko Jacko, fût le gagne-pain des tabloïds anglais et américains (entre autres)

Si, au premier abord, « Jacko » évoque le nom de famille du chanteur, il fait plus sûrement référence au terme cockney « jacco » qui désigne le singe.

Pour MJ, le « Bad » commence en 1985, lorsque le tabloïd anglais The Sun trouve un surnom à son double maléfique : « Wacko Jacko », un MJ blanchi aux mœurs douteuses. Comme le rappelle l’universitaire Buata B. Malela dans une excellente étude du mythe jacksonien, « ce Wacko Jacko tel qu’il est présenté par le dispositif médiatique serait d’abord complexé par sa « blackness », d’où ensuite sa métamorphose phénotypique ; et par la même occasion, il serait intellectuellement déficitaire, ce qui pourrait rendre intelligible une attitude largement inintelligible : il dormirait dans un caisson à oxygène qui lui prolongerait la durée de vie, il aurait acheté ou voulu acheter le squelette d’Elephant Man, etc. »  La dernière chanson de l’album Bad, « Leave Me Alone Play », est une réponse à ces attaques. Dans le fameux clip réalisé par Jim Blashfield et Paul Diener, des unes de journaux racoleuses défilent au milieu d’un univers hybride, entre collages, prises de vues réelles et film d’animation. Grand enfant, MJ traverse le décor comme un parc d’attraction, comme le Neverland qu’il vient d’acquérir (le clip est diffusé pour la première fois le 13 février 1989 et recevra un Grammy Award l’année suivante). La seconde partie est un clin d’oeil aux satiriques Voyages de Gulliver de Jonathan Swift, avec son héros gigantisé et ligoté par des lilliputiens au commencement de son voyage imaginaire. Mais à la place des créatures swiftiennes, c’est un monde forain qui s’agite autour du géant MJ, avec bestiaire, grand-huit, grande roue, train fantôme, etc. En exhumant une imagerie de l’exhibition et des freak shows, Blashfield et Diener avaient mis dans le mille – sans savoir peut-être à quel point.

Un imaginaire raciste

Car le média britannique qui a inventé « Wacko Jacko » puise à l’encre d’un imaginaire raciste qui animalise l’individu noir. Si, au premier abord, « Jacko » évoque le nom de famille du chanteur, il fait plus sûrement référence au terme cockney « jacco » qui désigne le singe. On pense moins ici à Bubble, le chimpanzé de MJ, qu’à Jacco Macacco, ce primate de combat qui mettait des chiens KO dans l’Angleterre des années 1820. MJ ne s’est jamais remis des coups qu’on lui a porté dans l’arène médiatique. Auteur de The White African American Body, le professeur de littérature américaine Charles D. Martin a proposé un décryptage passionnant du traitement qui lui fut réservé. Pour Martin, Wacko Jacko et plus tard l’enquête liée aux accusations pédophiles rejouent la sombre histoire des exhibitions des White Negroes, ces esclaves atteints de vitiligo et dont la blancheur subie fascinait le public wasp, tout en mettant à mal des catégories de race rassurantes. En 1993, lorsque les premières accusations de pédophilie continuent de ternir son image, le corps de MJ est mis à l’épreuve et exhibé. Le chanteur, furibard, proteste : « Je vous ai dit que j’avais le vitiligo ? Alors quoi ? » L’appareil judiciaire autorise un examen complet de son anatomie, jusqu’à son pénis, filmé par une caméra vidéo. Martin y verra un vestige des études scientifiques consacrées aux White Negroes au début du 20e siècle et à l’attention que les chercheurs portaient aux parties génitales : qu’advenait-il de la blackness à cet endroit secret du corps ? Avait-t-elle laissé des traces ou non ?

Par la suite, MJ enregistrera une vidéo de 4 minutes où, face caméra, il clame son innocence et relate l’effroyable expérience de son exhibition. Mais trop tard : « Michael Jackson le pédophile », le poursuivra. La seule alternative à ce deuxième mauvais double est l’artiste humanitaire et évangéliste de « We Are the World », « Heal The World », « Earth Song », « They Don’t Really Care About Us », sans oublier « Man in the Mirror ». Le clip du septième titre de Bad est une rupture par rapport aux innovations narratives et esthétiques précédentes. Le corps de MJ disparaît, dissous dans un montage d’images d’archives convoquant Martin Luther King, Malcolm X, Ghandi.. la base, la ballade compassionnelle « Man in the mirror » n’est pas de lui mais de Siedah Garrett et Glen Ballard. Il la fera sienne en y insufflant une ferveur gospel. Dans l’Evangile profane de la pop music, on trouve ainsi le Livre de Michael. L’histoire d’un homme en marche vers le salut, en quête de tous les rachats possibles : celui des Beatles, le sien, celui de l’humanité.

L'universalisme selon la pop américaine

Dans ce grand récit jacksonien, la sale histoire des attouchements est le renversement complet du bambin prodigieux que MJ a été et a voulu rester

« You know I’m bad »

De même que dans la mythologie des Beatles on a voulu renverser le vivant en mort, dans le grand récit jacksonien, il fallait que l’enfant éternel se transforme en monstre pédophile. Pour le fan, il reste juste à souhaiter que MJ fut aussi coupable que McCartney fut mort en 1966 ou que Elvis fut vivant en août 1977 (Elvis, Paul, Michael : voilà une sainte Trinité du syncrétisme musical noir et blanc). À croire que la pop star et le complot sont indissociables, qu’il existe un lien consubstantiel entre les deux. Dans ce grand récit jacksonien, la sale histoire des attouchements est le renversement complet du bambin prodigieux que MJ a été et a voulu rester ; ce chanteur précoce à la voix haute exceptionnelle, plus haute encore que celle des grands ténors de la soul Stevie Wonder, Marvin Gaye, Donny Hathaway, même à l’âge adulte…Dans Bad 25, le documentaire de Spike Lee, le coach vocal Seth Riggs raconte que la voix parlée aiguë de MJ n’avait pourtant rien de naturel. C’était un moyen de rester là-haut, dans le ciel d’une identité angélique et asexuée.

Bad, dont on fête aujourd’hui les 30 ans, est lié à un certain renversement dans l’image de MJ. C’est l’album lié à la naissance de « Wacko Jacko ». Comme s’il acquiesçait ironiquement, comme si la meilleure chose à faire était de prendre acte, MJ nous dit dès le premier titre : « you know I’m bad ». La voix est plus éraillée, plus rocailleuse, l’énergie plus rock. Pour prendre la mesure du renversement, il n’est qu’à mettre côté à côte les pochettes de Thriller et de Bad, chromatiquement aux antipodes  : là où il y avait du noir, il y a désormais du blanc.  Double renversement enfin avec le clip de Bad qui passe du Michael college boy au Michael « bad » boy, et du noir et blanc à la couleur. À croire que MJ n’a pas tout à fait quitté l’univers du Magicien d’Oz, célèbre dans l’histoire du cinéma pour jouer de ce genre d’hybridation chromatique. En 1978, il joue l’Epouvantail dans la comédie musicale The Wiz, une relecture afro-américaine et urbaine du classique de Victor Fleming et donc une manière de renverser encore les choses, de mettre du noir là où il y avait du blanc. Michael est resté coincé au pays d’Oz. Partout où il va, il traîne avec lui un double, une figure monstrueuse, un zombie, un fantôme, un “scarecrow”, “another part of me” comme il le chante dans « Bad Play ».

Michael Jackson

Les monstres de James Baldwin 

Sa trajectoire trans évoque ce que James Baldwin (qui a démonté le racisme en particulier américain comme personne) décrivait déjà en janvier 1985 dans “Ici Dragons. Les monstres et l’idéal américain de la masculinité” :“nous sommes tous androgynes, non seulement parce que nous sommes tous nés d’une femme fecondée de la graine d’un homme, mais parce que chacun d’entre nous, sans qu’on puisse rien y faire, contient l’autre : l’homme contient la femme, la femme l’homme, le Blanc contient le Noir, le Noir le blanc.” Dans ce texte autobiographique bouleversant, Baldwin a des mots forts aussi pour les autres. Notamment pour MJ, “monstre” qui a toute son affection et qui le renvoie à sa propre expérience intellectuelle, politique et sexuelle :

« La cacophonie autour de Michael Jackson est fascinante en ce qu’elle ne concerne pas du tout Jackson. J’espère qu’il aura assez de bon sens pour s’en rendre compte et l’heureuse fortune de parvenir à arracher sa vie des mâchoires d’un succès carnivore. Il ne sera pas vite pardonné d’avoir à ce point inversé les rôles, car on peut dire qu’il a décroché le pompon, ça oui…Non, tout ce bruit concerne l’Amérique, en tant que gardien malhonnête de la vie et de la richesse noires ; il concerne les Noirs, les hommes surtout, en Amérique ; il concerne la culpabilité américaine, brûlante, enfouie ; et le sexe et les rôles sexuels et la panique sexuelle ; l’argent, le succès et le désespoir ».

Nous sommes en 1985. MJ est identifié à un monstre à mesure que les catégories figées n’ont plus de prises sur lui. Sa déchéance médiatique et l’affirmation de sa puissance économique vont de pair. Non content d’avoir signé l’album le plus vendu au monde, il devient l’éditeur de la pop music blanche par excellence. S’il est resté à Oz, il s’est bien trouvé une Méchante sorcière du Sud ou de l’Est pour lui faire quelque tour de magie noire. Le sortilège de la fumée sans feu ? “Culpabilité brûlante”, oui.

Michael Jackson en cinq dates

1975

Michael Jackson interprète We’re Almost There, un document exceptionnel de sa mue adolescente. La voix d’enfant a disparu et celle du MJ sacré King of Pop est presque là. We’re almost there ouvre Forever Michael, le dernier album solo qu’il enregistre sous le label Motown.

1977

Michael fait ses débuts d’acteur dans The Wiz, une comédie musicale inspirée du Magicien d’Oz. Il y rencontre Quincy Jones, futur producteur de sa trilogie Off the Wall / Thriller / Bad.

1982

Sortie de Thriller : des tubes en cascade, l’album le plus vendu au monde

1985

MJ rachète le catalogue ATV qui comprend 200 titres des Beatles

2009

50 ans de Motown. 50 ans de Michael Jackson. RIP.

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