Clap de fin pour la nouvelle saga La Planète des singes, laquelle achève, avec ce troisième épisode, un reboot initié en 2011 par la 20th Century Fox, propriétaire de la franchise depuis le film originel de 1968. Presque cinquante ans après, qu’est-ce qui continue de motiver Hollywood dans cette odyssée simiesque et pessimiste où l’homme est renversé par le singe ? Voyage dans l’espace, guerre nucléaire, lutte des minorités, menace pandémique, éclosion de l’animalisme, etc. : à travers le fantasme inépuisable de la fin du règne humain, la saga de La Planète des singes a depuis ses débuts assumé la tâche de documenter tous les périls écologiques, bouleversements moraux et révolutions technologiques du XXe et du XXIe siècle. Avec en sourdine, cette question tenace : l’homme mérite-t-il encore sa place sur la Terre ?

La planète des singes

De la saga originelle, l’histoire du cinéma a décidé de ne retenir qu’un seul plan, gravé à jamais dans les mémoires : celui de la statue de la Liberté ensevelie par le sable et les siècles, vestige livré au ressac éternel des eaux devant lequel se tient, désemparé, le dernier des hommes. Une image d’apocalypse saisissante, pourtant loin de résumer la complexité et l’épaisseur thématique de la franchise, déclinée d’abord de 1968 à 1973 en cinq épisodes (et dans la foulée à la télévision), lesquels auront multiplié les renversements de situation et parcouru à peu près tous les genres – de la fresque apocalyptique à la comédie satirique, du film à thèse dystopique au war movie écolo.

On sait toutefois par quoi tout a commencé : un équipage d’astronautes se crashe sur une planète inconnue, où il est rapidement fait prisonnier par une tribu de singes socialement organisés, qui semblent bénéficier des mêmes prérogatives que l’homme – langage, technologie, droit, religion, etc. Ces primates possèdent ainsi des villes, des vêtements, une agriculture et une police. Leur première apparition se fait d’ailleurs sur fond de coups de fusils et de cavalcades : montée sur chevaux, une milice simiesque vient submerger un attroupement d’hommes des cavernes affamés, venus chiper aux singes leur récolte estivale.

Pour le capitaine George Taylor (Charlton Heston), c’est évidemment la stupeur : non seulement l’homme, mutique, vit comme à l’âge de pierre, mais en plus il se laisse dompter et maltraiter par des macaques, lesquels communiquent en anglais, tendent des pièges complexes et se prennent en photo devant leurs trophées de guerre. Fait prisonnier, notre capitaine parviendra néanmoins à manifester sa différence (en les insultant : « Take your stinking paws off me, you damned dirty ape! ») avant de plaider plus courtoisement sa cause auprès d’un conciliabule de savants, qui laisse apparaître la division sociale chez les singes : les gorilles, puissants, constituent la force militaire ; les chimpanzés, curieux et pondérés, s’emploient de leur côté aux tâches manuelles et scientifiques ; quant aux orangs-outans, sages éclairés, ils administrent le pouvoir politique et juridique. Une tripartition classique (bellatores, laboratores, oratores), que la découverte de cet hominidé doué de langage viendra accentuer, jusqu’à faire surgir des dissensions internes.

Un héritage inavouable

Car en tant qu’homme, le surnommé Bright Eyes n’est pas reconnu par la loi des singes. Et comme certains, aujourd’hui, continuent de refuser aux animaux des qualités d’intelligence et de sensibilité, les apparatchiks orangs-outans dénigreront cette révélation et souhaiteront se débarrasser de ce spécimen gênant, qui remet en question la suprématie simiesque. Mais c’était compter sans l’intervention d’un couple de chimpanzés bienveillants, Cornelius et Zira, qui arracheront le pauvre Taylor à la trépanation. Un sauvetage d’autant plus opportun que ce Cornelius, archéologue, a récemment découvert des traces de civilisation antérieure à celle des singes et croit même détenir la preuve que son espèce descendrait de l’homme. Une preuve qui se trouve malheureusement dans une zone strictement interdite, défendue de génération en génération par l’élite simiesque qui, en bon obscurantiste, s’emploie à conserver le secret de cet héritage inavouable.

Le film s’achève par un double bouleversement : pour les singes, la découverte de leurs véritables origines (un patrimoine pastiché, bâti sur les cendres de l’espèce qu’ils ont appris à dénigrer depuis des siècles) ; pour les hommes, la révélation de leur déclin (suite à une apocalypse nucléaire qui a renvoyé l’humanité à l’orée du paléolithique). Car, en tombant nez à nez avec la statue de la Liberté, Taylor comprendra qu’il n’a pas atterri à des années-lumière de sa planète, mais simplement quelques siècles plus tard, et que le voyage n’était pas spatial, juste temporel.

La planète des singes

Davantage qu’une lutte entre espèces, La Planète des singes s’en tient pour l’heure à ce registre eschatologique : Christophe Colomb débarque dans ce qu’il croit être un nouveau monde, pour découvrir le naufrage de l’ancien.

The Twilight Zone

Ce twist fabuleux, on ne le doit pas tout à fait à l’écrivain Pierre Boulle, dont l’intrigue a été démantelée et reconfigurée en profondeur par les différents épisodes – dans le roman, l’histoire prenait bien place sur une planète éloignée, Soror, située dans la constellation d’Orion. Il faut en fait se plonger dans une autre mythologie surnaturelle et fameuse des sixties, la série The Twilight Zone (La Quatrième Dimension en VF), pour découvrir les origines de cette inspiration. Déclinée sur plus de 150 épisodes, cette série a été créée en 1959 par Rod Serling, qui en rédigera aussi la plupart des scénarios. Sur une idée originale de Madelon Champion, l’épisode 15 de la première saison, « I shot an arrow into the air » raconte ainsi l’histoire d’un astronaute dont la navette s’est écrasée sur un astéroïde désertique. Mal inspiré par la nécessité de la survie, cet astronaute pétera une Durit et se débarrassera des survivants afin de récupérer leur provision d’eau, avant de tomber quelques minutes plus tard sur une route de bitume et des poteaux téléphoniques, qui lui indiquent qu’il a en fait atterri sur Terre – et tué ses camarades en vain.

Un couperet ironique dont Rod Serling se souviendra quelques années plus tard, quand lui sera confiée la tâche d’adapter l’œuvre de Boulle. Aux thématiques darwiniennes du roman, il lui adjoint par ailleurs la crainte du péril nucléaire, qui ne cesse de nourrir l’imaginaire de science-fiction depuis l’avènement de la guerre froide. Réalisé par Franklin J. Schaffner (à qui l’on doit Patton), le film débute par un monologue humano-sceptique de Taylor : durant son voyage à travers l’immensité de l’espace et du temps, celui-ci se demande en effet si ses congénères en ont profité pour évoluer, se pacifier, cesser de violenter leur environnement et d’abandonner leurs enfants aux souffrances de la faim. Il finira évidemment déçu, achevant cette fable pessimiste (genre dont Charlton Heston deviendra, avec Le Soleil vert et Le Survivant, un représentant investi) par une condamnation sans ambages de l’humanité – « You maniacs! You blew it up! Ah, damn you! God damn you all to hell! ». Davantage qu’une lutte entre espèces, La Planète des singes s’en tient pour l’heure à ce registre eschatologique : Christophe Colomb débarque dans ce qu’il croit être un nouveau monde, pour tout simplement découvrir le naufrage de l’ancien. Le voyage à travers l’espace venait dissimuler un voyage à travers l’espèce : l’expérience humaine a failli, aux singes de prolonger l’aventure.

La Planète des singes (1968) et Le Secret de la planète des singes (1970)

La Planète des singes (1968) et Le Secret de la planète des singes (1970)

Jugement dernier

Finie l’humanité ? Pas totalement. Dans un second épisode tourné dans la foulée du précédent (le film, relativement coûteux, a été un énorme succès : pourquoi se priver d’en recycler les décors, costumes et maquillages ?), le scénariste Paul Dehn imagine une communauté humaine décadente, vivotant dans les couloirs du métro new-yorkais où elle voue un culte à un missile nucléaire plaqué or, floqué des lettres alpha et oméga. Ravagée du ciboulot par des siècles de sectarisme et d’exposition à la radioactivité, cette congrégation est par ailleurs douée de pouvoirs télépathiques lui permettant de créer des mirages d’apocalypse stupéfiants, dont elle se sert tels des épouvantails fantasmagoriques pour éloigner les singes – qui par conséquent ignorent leur existence. Jusqu’au jour où un nouvel astronaute, venu pour secourir Taylor, trouble ce sanctuaire et attire sans le vouloir l’armée simiesque, prête à croiser le fer et à en finir une bonne fois pour toutes avec le concurrent humain.

Réalisé par un artisan de la télé américaine, Ted Post, Le Secret de la planète des singes est animé par un réjouissant esprit bis (emmitouflés de pied en cap dans un pyjama dissimulant leur chair à vif, les humains radioactifs ont des airs de Jacques Villeret dans La Soupe aux choux) et continue aujourd’hui de traîner une réputation de navet. Rétif à l’idée de participer à ce film dont il trouvait le scénario parfaitement débile, Charlton Heston acceptera finalement de reprendre son rôle d’aventurier sans peur, à la seule condition qu’il meure à la fin. Il ne sera pas le seul, puisque l’épisode s’achève sur le déclenchement de la doomsday bomb, rayant purement et simplement la Terre de la carte galactique.

Retour vers le passé

Un hara-kiri pour la saga, pourtant loin d’avoir dit son dernier mot. C’est que Paul Dehn, qui aura à charge de scripter toutes les suites et de bâtir la cohérence interne de l’univers, ne manque pas d’inspiration : il profite de cette apocalypse pour faire table rase de l’imaginaire futuriste de la mythologie en la ramenant sur les rives encore vierges du contemporain. Avec comme souci et brillante audace de faire glisser l’identification du spectateur des hommes vers les primates : les singes mettront ainsi trois épisodes avant de devenir les véritables protagonistes de cette épopée portant leur nom. Avec Les Évadés de la planète des singes en 1971, puis, l’année suivante, avec La Conquête de la planète des singes, Paul Dehn inverse les pôles de l’œuvre de Boulle (ce sont maintenant des singes qui vont découvrir le monde des hommes) et jette dès lors les bases d’une nouvelle aventure, focalisée sur l’oppression puis la prise du pouvoir des singes – odyssée marxiste qui viendra directement inspirer le reboot de 2011, avec son chimpanzé génétiquement modifié qui fera tomber sur le XXIe siècle le Grand Soir simiesque.

Au-delà du renouvellement de l’intrigue et de ses enjeux, ce parti pris induit un avantage économique de taille : situé dans le Los Angeles des seventies et quasiment dénué de séquences spectaculaires, le film, qui ne met en scène que trois chimpanzés civilisés, fait encore davantage fondre son budget – jusqu’au quatrième épisode, La Planète des singes est ainsi l’une des seules franchises qui se sera assurée de réduire son coût d’un épisode à un autre (ainsi que ses recettes, qui suivront le même déclin en proportion). De cinq millions de dollars, on passe en effet à deux millions pour cet épisode qui imagine, suite aux événements désastreux du Secret, le débarquement de trois ape-o-nauts, remontant le temps dans la navette du capitaine Taylor.

La planète des singes

Affiches américaine (en haut) et japonaise (en bas) de La Conquête de la planète des singes et des Évadés de la planète des singes

On y retrouve notre couple de chimpanzés diplomates et savants, Cornelius et Zira, rapidement abandonnés par leur comparse, qui se fait violemment agressé par un gorille du zoo local (où ils sont d’abord enfermés). Zira, la psychologue, finira par briser la glace et prendre la parole devant un scientifique médusé, qui réunit séance tenante un symposium pour discuter de cette découverte aussi stupéfiante qu’invraisemblable, laquelle renvoie le récent alunissage au rang d’innovation ménagère. Accueillis comme des ambassadeurs partout où ils mettent les pieds, faisant le jeu des médias comme des politiques, les deux amoureux deviennent une curiosité strictement mondaine, dans une première partie délibérément légère et dédramatisée, pleine d’humour et de courtoisie entre espèces, où Zira anime des réunions féministes tandis que Cornelius assiste à des matchs de boxe.

Comme dans Terminator, ce n’est plus le passé qui devient la condition du futur, mais le futur qui devient le responsable du présent.

Le grand remplacement

Mais l’étau se resserre de plus en plus sur nos ape-o-nauts, bientôt sommés d’expliquer les raisons de leur présence. Soumis à des interrogatoires insistants, ces visiteurs du futur finiront par craquer et révéler la vérité : dans quelques dizaines d’années, une épidémie décimera chiens et chats sur Terre, incitant les humains à remplacer leurs animaux domestiques par des singes. Animaux domestiques au double sens du terme, puisque leurs maîtres en feront progressivement des valets, voire des esclaves. Seulement, à force de côtoyer l’homme dans son environnement, les primates finiront par assimiler son savoir-faire et son adresse technique, avant d’unir leurs forces pour s’affranchir de leur servitude. Une révolution menée par un certain Aldo, le premier singe parlant, dont le premier acte de langage (« No ») est aussi une première déclaration d’insubordination. On voit dès lors se dessiner encore plus précisément le modèle qui viendra inspirer le César du reboot en 2011 (dont la première phonation est aussi « No »).

Pour le président des États-Unis et la communauté militaro-scientifique, l’affaire prend donc un tournant anthropologique inattendu : faut-il détruire ou non ce couple de singes superstars, venus du futur pour annoncer deux mauvaises nouvelles (1. les singes vont bientôt asservir l’homme ; 2. la Terre sera détruite dans deux millénaires, suite au dernier sursaut de cette lutte) ? Dilemme à quoi se superposent les interrogations et apories élémentaires du bouleversement temporel : faut-il se risquer à modifier le futur ? Ne va-t-on pas précipiter la chute de l’humanité ? Qui sommes-nous pour contrarier les plans du Tout-Puissant ?

Les Évadés de la planète des singes (1971) et La Conquête de la planète des singes (1972)

L’Internationale simiesque

Confié à J. Lee Thompson qui, quelques années avant sa collaboration fructueuse avec Charles Bronson (neuf films au total), a mis son savoir-faire au service de la révolution simiesque, La Conquête de la planète des singes se déroule près de trente ans après les événements de l’épisode précédent : chats et chiens ont, ainsi qu’annoncé par Cornelius, été décimés par une épidémie meurtrière, dont on apprendra qu’elle a été propagée par l’un des trois ape-o-nauts. Comme dans la saga Terminator, la chaîne de répercussions et de causalité se reconfigure suite au voyage dans le temps, pour mieux permettre à la boucle temporelle de se boucler sur elle-même : ce n’est plus le passé qui devient la condition du futur, mais le futur qui devient le responsable du présent. Envoyé par John Connor dans le passé pour éviter le meurtre de sa mère par un assassin cybernétique, Kyle Reese devenait au passage le géniteur de celui-ci. Dans le même ordre d’idée, César a été conçu dans le futur, mais vient au monde dans le passé pour précipiter la parousie prophétique.

Car, en 1991, tous les singes sont parqués dans des centres de conditionnement, où ils apprennent, sous la pression de la matraque, les différentes tâches de manutention utiles à l’homme, dans le but de devenir leurs domestiques. Pour qu’ils assimilent le « No » d’un homme à un ordre ou un interdit clairs, les singes passent chaque jour par une épreuve de lobotomie, consistant à leur distribuer des décharges électriques à chaque « No » diffusé par une enceinte. Formés à la soumission et à l’obéissance mécaniques, contraints à tous les métiers de services (nettoyage des trottoirs, cirage des chaussures, livraison de colis, etc.), ils demeurent à la disposition de l’homme : chaque habitant se balade dans les rues avec son macaque à tout faire, qui lui porte ses courses et lui ouvre les portes.

Traités d’abord comme des pets par le genre humain, ils sont maintenant utilisés comme des slaves. Une comparaison avec la traite négrière d’autant plus troublante et explicite que les singes sont traqués et capturés dans leur habitat naturel (Afrique, Amérique du Sud, Asie), d’où ils sont ramenés en cargo directement dans ces centres de rétention. Introduit par accident dans l’un de ces Ape Management, entre les murs duquel il découvrira les conditions innommables des siens, César va trouver l’opportunité inespérée d’ouvrir les consciences et de lever une armée. Car, en asservissant les singes, en faisant d’eux des êtres savants (manutention, tâches ménagères, réparation mécanique, plus rien ne leur est inconnu) et humiliés, l’humanité leur a donné les conditions pragmatiques et idéologiques de leur rébellion.

Fight the power

Monkey Power

Si le film se veut une référence à peine voilée aux décennies d’esclavage du siècle précédent (les singes sont vendus aux enchères sur une grande esplanade), il s’offre aussi en écho à l’actualité des luttes raciales qui, en 1972, quatre ans après l’assassinat de Martin Luther King, anime chaque jour les journaux. Un mois après la sortie du film, un commando du Black Liberation Army, composé d’anciens membres des Black Panthers, détournera le vol 841 Delta Air Lines assurant la liaison entre Detroit et Miami. Ce commando exigera une rançon en échange de la libération des otages et parviendra à quitter le territoire américain par avion, avec à son bord 1 million de dollars.

Tout en cuisinant les ingrédients habituels du genre dystopique (les fonctionnaires du Ape Management s’apparentent à des ersatz futuristes de la Gestapo), Thompson et Dehn reprennent ainsi à leur compte l’imaginaire des mouvements sociaux pour le droit des Afro-Américains. Conscient des enjeux de la lutte qu’il met en place (« We cannot be free until we have power »), César éveille donc les esprits tout en formant une escouade de singes saboteurs, qui accumulent couteaux, haches, pistolets, explosifs, dont ils se serviront pour mettre à sac la ville et renverser le pouvoir en place. Car la rébellion simiesque, dès lors qu’elle sera initiée par César, se répandra comme une traînée de poudre, unifiant d’un bloc la race opprimée, qui se baladera dans les rues en saccageant tout sur son passage, tels les zombies de Romero ou les futurs Gremlins de Joe Dante.

Emporté par son ivresse de destruction, César finit par déclarer officiellement la guerre aux hommes, appelant de ses vœux le génocide de cette espèce au profit de la race simiesque. Une conclusion proprement démentielle, jugée tellement violente et radicale par les premiers spectateurs qu’elle incitera les studios à réécrire l’imprécation de César, en greffant par post-synchronisation un discours plus modérateur. Ainsi, après s’être emparé du bâton de la révolte vengeresse, César va se draper sans transition dans les habits du despote éclairé :

And, if it’s man’s destiny to be dominated, it is God will that he be dominated with compassion and understanding. So, cast out our vengeance. Tonight, we have seen the birth of the Planet of the Apes.

Si le destin de l’homme est d’être dominé, il est de la volonté de Dieu qu’il soit dominé avec compassion et compréhension. Tenons donc à l’écart notre vengeance. Ce soir, nous avons vu la naissance de la planète des singes.

Tract de la Black Liberation Army

La Conquête de la planète des singes se veut une référence aux décennies d’esclavage du siècle précédent, et un écho à l’actualité des luttes raciales suivant l’assassinat de Martin Luther King.

The Civil War

Cette réécriture, à la compromission surprenante eu égard à la brutalité sans filtre du reste du film, aura toutefois le mérite d’offrir à la saga la possibilité d’un dernier épisode, axé sur la réconciliation entre les deux espèces. D’une qualité assez faible, cette Bataille de la planète des singes est parfois réhabilitée pour avoir préfiguré les escarmouches post-apocalyptiques de George Miller dans la trilogie Mad Max. Et pourtant, contrairement à ce qu’indique son titre, le cœur de ce dernier chapitre ne se situe pas franchement dans la bataille, ultime, qui opposera les derniers survivants new-yorkais (les télépathes dégénérés du second épisode, vous vous souvenez ? Eh bien, ce sont leurs ancêtres) aux singes installés dans leur petit village écolo. En effet, l’arc principal s’articule autour de la lutte interne entre César, le révolutionnaire aux volontés de pacification de plus en plus prononcés, et Aldo, un gorille belliqueux, qui reproche à son chef son empathie grandissante pour l’homme, au point d’orchestrer une mutinerie et de faire sécession.

Cet Aldo est familier ; c’est à lui que fait référence Cornelius dans le troisième épisode : il est censé être le premier singe parlant, menant le soulèvement simiesque jusqu’à détruire la race humaine. Ce dernier chapitre se propose donc de réécrire le futur : César se débarrassant d’Aldo, hommes et singes pourront vivre maintenant en bonne entente. Le film se conclut ainsi sur un happy end, sous la forme d’une belle communion civique représentant une classe mixte, composée de petits singes et de petits enfants écoutant, dans la dissipation propre à leur âge, les leçons de leur professeur orang-outan (joué par John Huston !). Le tout proclamé sous la bienveillance de la statue de César le prophète, à qui le film ne manque pas de donner des faux airs d’Abraham Lincoln.

La Bataille de la planète des singes (à gauche) ; Tim Burton et Charlton Heston sur le tournage de La Planète des singes (à droite)

Un nouveau départ

Le reboot de 2001 puisera manifestement dans cet épisode pour imaginer la rivalité entre César, le chimpanzé guévariste, et Kabo, le singe meurtri par des années de maltraitance l’ayant laissé défiguré, farouche, à jamais inconsolable avec l’espèce humaine. Un reboot qui mettra cependant longtemps, longtemps à venir, multipliant les avortements et les faux départs. Dans les années 1980 et 1990, l’entreprise de rénover la franchise pour la relancer ne cessera en effet de revenir sur le tapis : une version avec Tom Cruise, en Spartacus héritier de Charlton Heston ; une autre avec Arnold Schwarzenegger, en généticien propulsé dans le passé pour lutter avec les hommes préhistoriques. Peter Jackson, Sam Raimi, Oliver Stone, James Cameron et même Michael Bay s’intéresseront de près au projet, avant que celui-ci n’échoie finalement à Tim Burton, pour un reboot dans lequel le cinéaste peinera à trouver ses marques, et dont les recettes, mitigées, inciteront les producteurs à tuer dans l’œuf la trilogie initialement prévue.

Déjà oublié, le film n’est pourtant pas sans belles intuitions. Par exemple, celle de faire jouer à Charlon Heston un sage simiesque agonisant, dans une unique séquence où celui-ci condamnera sans appel les humains, en révélant à son disciple la vérité sur leur dangerosité : leur goût des armes. Pour rappel, l’acteur est à l’époque célèbre pour sa défense acharnée du second amendement et son implication dans la National Rifle Association, qu’il présidera de 1998 à 2003.

Au-delà de ces quelques pointes d’ironie bien placées, le film vaut surtout pour l’ouvrage impeccable de Rick Baker, engagé par Burton pour s’occuper du maquillage des singes. Contre la volonté initiale des studios, le cinéaste renonce aux effets spéciaux numériques et conçoit une faune simiesque entièrement animée par des prothèses faciales. Une manière de rendre hommage au travail fondamental accompli par John Chambers pour la saga originale – travail qui, en 1969, convainquit l’académie des Oscars de délivrer à l’intéressé une récompense exceptionnelle. À l’époque, rappelons que la catégorie maquillage n’était toujours pas intégrée à la liste des récompenses. Il faudra attendre 1982 pour que cette injustice soit réparée, avec l’attribution du premier Oscar des meilleurs maquillages et coiffures à l’inoubliable Loup-Garou de Londres de John Landis (dont les maquillages furent chapeautés par… Rick Baker, justement).

L’homme aux masques de singe

Figure haute en couleur du paysage hollywoodien, John Chambers est un prothésiste dentaire de formation travaillant à l’origine pour l’armée – officiellement, en concevant pour les mutilés des prothèses de toute sorte ; clandestinement, en offrant ses services aux espions de la CIA pour des missions spéciales (il participera notamment au Canadian Caper, l’opération d’exfiltration menée à Téhéran pour libérer les fonctionnaires de l’ambassade des États-Unis, opération qui a inspiré le film Argo). Déjà réputé pour sa collaboration au bestiaire garni de Star Trek, Chambers confectionnera pour La Planète des singes des masques à base de mousse en caoutchouc, appliqués jour après jour sur la face des comédiens au prix de plusieurs heures de supplice. Le résultat est à la fois merveilleux et rudimentaire : la bouche des singes s’ouvre, les yeux clignotent, mais le reste de leur visage est comme pétrifié dans la colle. Tous les spécimens, mâles comme femelles, se ressemblent et se confondent. De surcroît, les variations d’un personnage à l’autre sont minimales : chacun est dessiné à gros traits et en série, selon les caractéristiques physiques et pileuses de sa race.

Malgré les trésors d’inventivité déployés, l’expressivité et la palette d’émotions demeurent donc réduites. Par ailleurs, impossible aujourd’hui de ne pas discerner les limites de tels artifices quand, par exemple, dans Les Évadés de la planète des singes, la mère Zira, interprétée par une actrice tout de poils vêtue, tient dans ses bras un véritable bébé singe, qui renvoie grossièrement le personnage à sa réalité d’humain déguisé. En un seul plan, tout le travail d’illusion cède sous le poids concentré du réel. Des carences figuratives amplifiées par un travail sur la motricité presque inexistant : engoncés sous leurs masques et leur combinaison hirsute, les comédiens sont condamnés à se tenir droit. Bipèdes malgré la nature quadrumane de l’espèce, les spécimens de la saga originale se contentent ainsi de se déplacer, bras ballants, pour mieux « faire singe », sans que ce soit très convaincant.

Des défauts corrigés par Rick Baker, dont les maquillages laissent encore aujourd’hui pantois. Ce spécialiste du grimage n’en était pas à sa première expérience avec les primates, puisqu’il s’occupa auparavant de Greystoke, Bigfoot et les Henderson et Gorilles dans la brume. Pour La Planète des singes, il crée des prothèses d’un raffinement et d’une expressivité maximales, chaque masque accompagnant les mouvements subtils du visage des comédiens. Il en sera de même pour leur motricité : les singes de Burton crapahutent à deux mais aussi à quatre pattes ; on les voit bondir dans les airs, sauter sur leur proie avec la férocité du fauve, zigzaguer sans contrariété à travers la canopée.

John Chambers en action

Digital make up

Mais c’est avec la nouvelle saga qu’un cap sera franchi, grâce à la technologie de performance capture qui semble enfin libérer les primates de leur lourdeur humaine, arrachant les films à cette vallée de l’étrange qui rendait parfois si perturbantes les interactions entre singes et hommes (voir les nombreux baisers, tous ratés, échangés entre les différentes espèces d’un film à l’autre). C’est qu’entre-temps l’histoire du cinéma a connu deux bouleversements : la trilogie du Seigneur des anneaux entre 2001 et 2003 (avec Gollum, sorte de toon horrifique ravagé par son intoxication à une idole fatale) et Avatar en 2009 (avec les Na’vis, un peuple d’humanoïdes à la peau bleue et à la force phénoménale, qui vivent en symbiose avec leur environnement naturel). Succès publics et critiques, les films de Peter Jackson et de James Cameron vont ainsi favoriser la démocratisation de cette technologie, aujourd’hui pratiquée à grande échelle par l’industrie du cinéma et du jeu vidéo.

Évolution de la motion capture (enregistrement des mouvements d’un corps en vue de son remodelage sous forme numérique), la performance capture conjugue cette saisie corporelle avec celle des expressions faciales (facial motion capture). L’objectif ? Sauvegarder au maximum l’intégrité et la singularité du jeu du comédien : habillé d’une combinaison à marqueurs et d’un casque flanqué de mini-caméras, celui-ci peut désormais se mouvoir à loisir et incarner son « personnage » avec la certitude de voir son interprétation survivre à l’opération de codage numérique. Aujourd’hui possible dans les décors mêmes du tournage, cette performance live sera ensuite projetée dans un nouveau corps et un nouveau faciès, qui s’appliqueront sur l’avatar telle une combinaison de pixels, une nouvelle peau. Cette « capture d’interprétation » est ainsi considérée par certains acteurs de l’industrie comme une sorte de digital make up, littéralement « maquillage numérique ».

Sous la densité pixellisée du digital making, la performance capture nous fait sentir qu’une âme, une mémoire, une identité remuent sous la combinaison de synthèse.

The Hero with a Thousand Faces

Il faut savoir gré à Andy Serkis d’avoir rendu probant pareil miracle en le personnifiant et en le sublimant par l’excès. On ne présente plus celui dont la performance en Gollum est peut être aussi décisive pour le cinéma fantastique que celle de Boris Karloff dans le Frankenstein de James Whale. Étoffant par la suite son catalogue d’avatars (dans King Kong, Tintin et le secret de la Licorne ou Le Réveil de la Force), il a ouvert la voie à une pratique devenue aujourd’hui un pôle fondamental de l’entertainment hollywoodien, dont les plus grandes stars se gargarisent (voir Tom Hanks dans Le Pôle express, Anthony Hopkins dans La Légende de Beowulf, Jim Carrey dans Le Drôle de Noël de Scrooge, tous dirigés par Robert Zemeckis, dont l’audace et l’amour de la technique ne sont plus à prouver).

Pour le reboot de La Planète des singes, l’acteur britannique sera tout naturellement invité à prêter son corps acrobatique, son faciès surexpressif et sa voix de stentor au personnage de César, qu’il assumera de sa jeunesse jusqu’à sa mort. Le dernier épisode a beau être plus faible, étirant les enjeux du précédent sans foncièrement les renouveler, on ne se lasse pas d’y observer le visage du Spartacus simiesque – un visage dur, autoritaire, à la fois anobli et fatigué par l’exercice du pouvoir, le front lourd des contrariétés accumulées par les deuils et les désillusions. Il y a quelque chose de puissant à voir les trois épisodes clore leurs aventures sur ce visage augure, à la surface duquel on peut chaque fois lire la trajectoire existentielle du personnage : d’abord, celui d’un orphelin gaillard, qui se découvrira l’âme d’un libérateur ; puis, celui d’un chef de clan déterminé, obligé par la force des choses à se muer en chef de guerre ; enfin, celui d’un patriarche fatigué, las et en même temps soulagé d’avoir mené les siens à destination. Sous la densité pixellisée du digital making, la performance capture nous fait ainsi sentir qu’une âme, une mémoire, une identité remuent sous la combinaison de synthèse.

Andy Sirkis avec et sans son maquillage numérique

Homo numericus

Avec son marine paraplégique dont le génome est transféré dans un corps extraterrestre, Avatar venait déjà documenter sans détour l’inconscient frankensteinien de cette technologie. Au cinéma, la performance capture semble enfin permettre d’incarner pleinement (c’est-à-dire plastiquement) ce fantasme éternel, consistant pour l’homme à se voir remplacer par un être plus noble et plus puissant que lui, à s’imaginer coulisser clandestinement dans la cuirasse de ce double supérieur, comme une chenille à la recherche d’une chrysalide lui ouvrant les portes d’une autre destinée. Mais cet homme nouveau, cet Homo numericus, est aussi un homme ancien, un homme d’avant les ravages de la modernité : ce n’est pas un hasard si les deux derniers épisodes de La Planète des singes (L’Affrontement, Suprématie, chacun réalisé par Matt Reeves) s’inspirent directement des Cheyennes de John Ford, en mettant en scène cette tribu de singes décidant d’abandonner le genre humain pour se lancer à la recherche de leur propre Terre promise. Par les prodiges du numérique s’orchestre ainsi progressivement la revanche des peuples primitifs sur l’homme moderne, invité soit à disparaître (dans la nouvelle version de la saga, les singes voient leur intelligence améliorée par un virus quand l’homme subit une pandémie), soit à quitter les siens pour se donner une seconde chance, en plongeant tête la première dans l’alternative digitale (dans Avatar, Jake Sully quitte définitivement son corps handicapé pour renaître dans son enveloppe extraterrestre).

Cette rupture entre espèces représentait déjà le bouleversant drame affectif du premier épisode (Les Origines, dirigé par Rupert Wyatt), un drame qui se jouait entre César, le jeune singe génétiquement boosté, et son maître, joué par James Franco, qui le sauve à la naissance de l’euthanasie. Tandis qu’enfant, sa condition d’animal de compagnie lui convient et l’enivre, à l’âge adulte, sa conscience supérieure le pousse à briser les chaînes de sa domesticité. Un affranchissement d’abord physique (superbe séquence où César découvre pour la première fois l’immensité d’une forêt, savourant sa facilité à dompter cet environnement démesuré), puis idéologique : capturé et enfermé dans un refuge avec d’autres singes, César devenu adulte découvre les conditions dégradantes de la captivité et refuse par la suite d’être libéré par son maître. Plutôt que de retrouver le confort domestique de son passé, il préférera ainsi prendre fait et cause pour son espèce et lutter auprès d’elle.

Abandonner l'homme, dire non et se battre pour trouver sa propre voie et sa propre famille

Un esprit sain dans un corps sain

C’est la plus belle idée de ce premier épisode que d’avoir filmé dans un même élan ces deux libérations-là, cette maturation consécutive du corps et de l’esprit. Tout l’éblouissement suscité par cette nouvelle saga pourrait ainsi se résumer au regard de James Franco, sidéré de voir son protégé glisser du rôle d’attraction animale à celui de personnage principal, du statut de peluche numérique à celui de héros mythologique. C’est un regard d’homme d’abord effrayé, puis ébloui, qui comprend que l’histoire que l’on est en train de raconter n’est déjà plus la sienne, qu’il n’est désormais qu’un simple spectateur, témoin privilégié d’un destin auquel il sera bientôt étranger. Ironie du sort : c’est en voulant sauver l’humain de sa dégénérescence (un remède contre Alzheimer) que ce scientifique naïf a accéléré sa chute, permettant à une nouvelle race, plus agile, plus pure, plus résistante, de s’improviser maître de la Terre.

Depuis Avatar, les blockbusters semblent ainsi nous alarmer sur le devenir périssable de l’homme, en nous invitant à basculer du côté des chimères. Non seulement le monde est à eux, mais les affects des spectateurs leur semblent dorénavant entièrement destinés : James Franco ne sera même pas au casting du deuxième épisode ; son personnage n’est plus qu’un lointain souvenir, disparu sans laisser de trace. Contre les habitudes de l’industrie hollywoodienne, la nouvelle saga aura à cœur de renouveler son panel humain d’un chapitre à un autre, sans aucune mélancolie pour les précédents. L’homme est devenu une figure échangeable et oubliée – sa destinée une intrigue annexe, accessoire, périphérique. Tandis que la première saga s’achevait sur une réconciliation entre espèces, la nouvelle se conclut sur une séparation définitive : la cohabitation n’est plus souhaitée ni envisagée par aucun des partis.

Le « No » de César est une injonction au silence, une manière de faire taire l’homme bavard, de lui faire comprendre que dorénavant sa voix ne compte plus, que bientôt même elle sera inaudible.

Un homme en trop

Morceau de bravoure du reboot de 2011, le premier mot formulé par César est un « No », en référence à la prophétie de la saga originelle. Mais ce « No », les scénaristes ont eu l’intuition géniale de l’offrir en réponse à une réplique qui n’a rien d’anodin, reprenant comme un verbatim celle, fameuse, hurlée par Charlton Heston dans l’épisode matriciel. « Take your stinking paws off me, you damned dirty ape! » éructe ainsi un méprisant gardien du refuge, maîtrisé par César suite à une altercation. Sauf qu’on aurait tort de voir dans ce « No », bramé à l’envi par le chimpanzé rebelle, un simple refus d’obéir. C’est en vérité bien autre chose qui se joue : César ne répond pas à son provocateur, il l’interrompt, confisquant à l’espèce humaine le bâton de la parole pour ne plus jamais lui rendre. Davantage qu’une insubordination, ce « No » est une injonction au silence, une manière de faire taire l’homme bavard, de lui faire comprendre que dorénavant sa voix ne compte plus, que bientôt même elle sera inaudible : dans le dernier épisode, une mutation du virus fait progressivement perdre la parole aux derniers survivants – sous peu, l’humanité sera réduite au mutisme le plus absolu.

Ainsi, l’homme n’a plus la dimension pour être un rival ou une menace ; il est devenu un encombrant, un corps altérable, dégradable, ingrat. Un corps de trop, qui ne peut même plus communiquer avec ses semblables, qui bientôt ne pourra même plus transmettre son histoire, remontant le fil de son évolution génétique pour se retrouver à l’état primitif des origines.

La Planète des singes - Ford - Cheyennes

Quand La Planète des singes s'inspire des Cheyennes de John Ford

De cette humanité, la nouvelle civilisation simiesque gardera néanmoins une petite trace : c’est cette orpheline mutique qui, dans le dernier épisode, s’intègre discrètement au convoi simiesque. Malgré les contestations de César, elle est conservée avec compassion par la tribu – elle est comme ces oisillons blessés sur le trottoir, qu’on sait condamnés à une mort certaine mais qu’on ne résiste pourtant jamais à ramener chez soi.

Ainsi, cette petite fille ne semble avoir aucune histoire, aucun devenir. Durant tout le film, elle ne sert même presque à rien ; c’est un simple fragment de chair humaine, égaré au milieu d’une nuée de primates numériques. On imagine que ces singes, enfin parvenus sur leur nouvelle terre, protégeront et prendront soin de cette enfant, qu’ils l’éduqueront, lui donneront à manger, la laisseront s’ébattre et courir dans les champs. Sans trop s’embarrasser d’elle, ils la regarderont batifoler jusqu’à sa mort comme un animal hagard, mutique, inoffensif – lointaine et ultime preuve que la planète des singes fut, un jour, celle des hommes.

La Planète des singes

Chronologie des films et séries

Premier temps :

La Planète des singes (Planet of the Apes) de Franklin J. Schaffner (1968)

Le Secret de la planète des singes (Beneath the Planet of the Apes) de Ted Post (1970)

Les Évadés de la planète des singes (Escape from the Planet of the Apes) de Don Taylor (1971)

La Conquête de la planète des singes (Conquest of the Planet of the Apes) de J. Lee Thompson (1972)

La Bataille de la planète des singes (Battle for the Planet of the Apes) de J. Lee Thompson (1973)

La Planète des singes d’Anthony Wilson (TV, 1974)

Return to the Planet of the Apes de David H. DePatie et Friz Freleng (TV, série d’animation, 1975)

 

Deuxième temps :

La Planète des singes (Planet of the Apes) de Tim Burton (2001)

 

Troisième temps :

La Planète des singes : Les Origines (Rise of the Planet of the Apes) de Rupert Wyatt (2011)

La Planète des singes : L’Affrontement (Dawn of the Planet of the Apes) de Matt Reeves (2014)

La Planète des singes : Suprématie (War for the Planet of the Apes) de Matt Reeves (2017)

 

Planet to the Apes Universe

Photos de tournage d’époque, images promo, goodies, produits dérivés, objets insolites…

Affiche japonaise de La Planète des singes (1968)

La Planète des singes en tournée

Le vaisseau sur le tournage de La Planète des singes

Franklin J. Schaffner et Linda Harrison sur le tournage de La Planète des singes

Séance de maquillage

Culte du missile nucléaire dans Le Secret de la planète des singes

Télescopage temporel

Rod Serling (à droite) sur le plateau de La Planète des singes

La Planète des singes en manga

L’époque où l’on pouvait acheter des films sur bobines super 8 mm

La série animée de La Planète des singes

Cross-over entre La Planète des singes et Green Lantern

Adaptation en comics de La Planète des singes : Suprématie

Charlon Heston sur le tournage de La Planète des singes

Le cross-over improbable : Star Trek et La Planète des singes

CD de la bande originale de la série télé

Affiche promotionnelle pour la diffusion télévisée de la saga

15e4e5de5486ad22d4c1cb0f2823c494HHHHHHHHHHHHH