Fesser les autorités avec régularité, fesser les préjugés avec autorité et trouver des fessiers à caresser, telles étaient les missions du National Lampoon, magazine satirique culte des années 1970. Quasi inconnu en France sauf au travers de quelques films à peine vus mais qui ont influencé toute la génération Apatow, précurseur intégral du Saturday Night Live qui lui a tout volé (son humour, ses idées, ses stars), ce Hara-Kiri d’outre-Atlantique a changé l’histoire de la comédie américaine. À l’occasion de la diffusion récente sur Netflix d’Une drôle de fin (A Futile and Stupid Gesture, 2018), biopic de l’un des fondateurs du Lampoon, petite histoire d’une bande d’étudiants de Harvard qui ont créé une légende du rire made in USA.

Dans une scène coupée du Parrain 2, Francesca, la fille de Sonny, présente son prétendant, Gardner Shaw, à son oncle Michael Corleone. Ils souhaitent se marier et attendent sa bénédiction. Michael apprécie la demande officielle et demande au jeune homme ce qu’il étudie actuellement à l’université.

Gardner : Les Beaux-Arts.

Michael : Et comment comptes-tu pourvoir aux besoins de ta jeune mariée avec les Beaux-Arts ?

Gardner : C’est une bonne question… Euh… Cela me gêne d’en parler, mais je suis un actionnaire majeur de l’entreprise familiale.

Michael : Tu ne devrais pas être gêné par ta fortune. Ce mépris pour l’argent est un truc des riches pour empêcher les pauvres d’en avoir.

Si cet enseignement peut facilement s’appliquer en France, aux États-Unis ceci s’applique plutôt au sexe, l’un des murs que le National Lampoon s’employa à dynamiter. En ne le réservant plus aux soirées estudiantines où le magazine prit sa source, mais en l’affichant presque page après page, le Lampoon a partagé l’hédonisme au-delà de la chambre de JFK et des souvenirs des maîtresses du président défunt.

La sex revolution vit le jour, se déplaça autour du soleil pour sortir des caves de la Beat Generation, des îlots que représentaient le New York des Subterraneans, le San Francisco de Howl et tout ce qui se passait dans les 400 voitures volées par Neal Cassady. Free love, libre de rendre des comptes et gratuit dans l’intention, sans lendemain nécessaire ou serment devant le prêtre.

Made in America

L’histoire du National Lampoon prend racine dans les années 1950, quand les jeunes soldats reviennent du front avec tant de questions, de cicatrices et si peu de pudeur. Lenny Bruce (légende du stand-up américain) a participé aux débarquements en Méditerranée à bord de l’USS Brooklyn. Trois ans de guerre que le jeune homme raconte dans son autobiographie How to Talk Dirty and Influence People. En dehors de l’immensité de l’horreur, de tous ces cadavres dont une partie de ses camarades qui flottaient et se cognaient contre son bateau, il fut également perturbé par certains paradoxes. Comme le fait de voir des soldats noirs à qui le pays demande de tuer l’ennemi, mais à qui l’on refuse l’accès aux chiottes dans certains États du Sud. Ou comme ces « autorités morales » qui recommandent aux soldats de se comporter de manière exemplaire, mais qui, une fois arrivés sur le front, se voient poussés par leurs officiers à fréquenter avec assiduité les bordels afin d’oublier le quotidien.

Lorsque les futurs humoristes Lenny Bruce, Don Rickles (autre superstar du stand-up célèbre pour son style moqueur) et le jeune officier John F. Kennedy reviennent de leur expérience guerrière en mer après avoir assisté à autant de contradictions, quand Jack Kerouac revient de la sienne dans la marine marchande et lorsque le pays découvre les témoignages (en grande partie censurés par la presse au début de la guerre) sur les chambres à gaz, que peuvent bien représenter encore les tabous d’une Amérique puritaine?

Couverture du numéro de septembre 1975. Au National Lampoon comme chez Hara-Kiri, le rire était souvent une affaire d'homme.

Par militantisme maccarthyste ou par paresse intellectuelle, de jeunes artistes sont ainsi dépeints comme anti-Américains parce qu’ils osent faire vaciller les mentalités et les mœurs. Or la grande majorité ne le fait pas par militantisme. Ils ne se posent pas la question de savoir s’ils sont pro ou anti. S’ils sont plus de gauche que de droite, une grande majorité de cette grande majorité penche plutôt pour les Démocrates, en particulier pour celui supposé incarner le changement : John F. Kennedy. Mais les réponses de ces Démocrates à leur vision du monde et à sa nécessaire évolution seront souvent plus brutales que celles des Républicains.

Mort Sahl, premier humoriste à parler de politique sur scène dans les années 1950, sera engagé par Joe Kennedy pour écrire les discours de son fils candidat. Après l’élection et surtout l’assassinat de ce dernier, les propos de Sahl, dont la plume était redevenue humoriste, sur JFK seront violemment censurés par Joe Kennedy et ses relais. Sammy Davis Jr., fervent soutien de la campagne Kennedy avec le Rat Pack de Sinatra, ne sera pas invité à la cérémonie d’investiture du président, car cela « risquait de gêner certains invités de le voir avec sa femme blanche ». Lenny Bruce, le premier à parler de racisme, de sexualité et de religion sur scène, sera attaqué violemment par les médias, la police et les tribunaux. En particulier par le procureur Kuh, un Démocrate de New York, qui ne lui pardonnait pas d’avoir dit que Jackie Kennedy souhaitait se sauver lors de l’assassinat de son mari, ce qui n’était pas lâche mais humain. Lenny Bruce se fâcha bien avant avec les Démocrates à cause de son sketch « How to Relax Your Colored Friends at Parties » (1958) où il se moque de certains blancs dits « progressistes » qui manifestent pour les droits civiques mais ont du mal à accueillir un Noir chez eux.

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Parodie de Prince Valliant de Harvey Kurtzman dans Mad

Même ceux qui soulignaient l’utilisation de l’érotisme et l’humour corrosif du National Lampoon eurent du mal à attaquer le magazine tant il reposait sur la rencontre de brillants intellectuels venus des bancs de Harvard.

Adult comics

La bande dessinée suit le même chemin. La révolution se nomme Mad (en France, elle s’appellera Hara-Kiri et Charlie Hebdo). William Gaines réunit une bande d’artistes déglingués et lance son magazine en 1952 avec Harvey Kurtzman comme secrétaire de rédaction. Procès, menaces des autorités religieuses, Gaines protège ses troupes et affronte les mauvais vents comme le fera son confrère René Goscinny avec Piloteen France. Les boutonnières politiques et morales ne résistent pas longtemps. Patti Smith résume bien l’apport du magazine : « Les drogues que nous prenions ne furent rien à côté de l’effet de Mad. »

Certes. Mais quinze ans plus tard, les drogues deviennent l’un des éléments moteurs derrière la créativité et la volonté de liberté. L’autre étant la sexualité. Commission Warren, Watergate, guerre du Viêt Nam, crise pétrolière, pollution, chômage… Les autorités n’ont plus la prétention de mener la guerre que sur deux fronts : les paradis artificiels et sexuels.

Deux sujets qui figuraient assez peu dans Mad. Henry Beard (cofondateur du Lampoon) remarqua dans une interview qu’en 1965 les étudiants de Harvard rasaient les murs, craignant de prendre deux ans en prison si on les attrapait avec un joint. « Deux ans plus tard, on ne pouvait pas faire deux pas sur le campus sans tomber sur un dealer. » Lors du recrutement du jeune Peter Kleinman (le futur directeur artistique), l’équipe de rédaction lui pose trois questions : « Tu peux nous trouver des drogues ? Tu peux nous trouver des femmes nues ? Tu peux nous trouver des endroits où emmener ces drogues et ces femmes nues ? » Kleinman répond simplement : « Oui, oui, oui. » Il est ainsi recruté.

Ces femmes nues passeront régulièrement des draps aux feuilles dans les célèbres séries de romans-photos qui feront l’une des marques de fabrique du magazine. D’ailleurs, Henry Beard distingue le National Lampoon de Playboy de la façon suivante : « Playboy publiait de vilaines photos sans les vilains mots. Hugh Hefner voulait avoir un magazine élégant-salace. Nous souhaitions un magazine salace-salace. » La bande du Harvard Lampoon souhaitait parodier Playboy dans l’un de leurs numéros et téléphonèrent à Hefner pour le prévenir, afin d’éviter un éventuel procès. Non seulement ce dernier en fut ravi, mais il prêta son usine d’impression. Ainsi, 635 000 numéros furent imprimés et vendus en onze jours.

Lenny Bruce, souvent accusé d’être un humoriste « obscène », différenciait ainsi l’art de l’obscénité : « L’art, c’est une grande quantité de travail avec un peu de merde au milieu. L’obscénité, c’est une grosse merde avec un peu d’art au milieu» Même ceux qui soulignaient et surlignaient l’utilisation de l’érotisme et l’humour très corrosif du National Lampoon eurent donc du mal à attaquer un magazine conçu par une bande d’étudiants de Harvard (Henry Beard, Robert Hoffman et surtout Douglas Kenney au centre du biopic disponible sur Netflix) qui, en dehors de leurs sarcasmes et poussées d’hormones, étaient de brillants intellectuels, plus lettrés que drôles, plus travailleurs que fêtards – à l’exception de Kenney qui s’y est en partie brûlé les ailes. Pareil pour Playboy qui, des années 1950 aux années 1970, fut très actif dans la lutte contre les discriminations raciales et accueilli de très beaux textes d’auteurs censurés comme ceux de Ray Bradbury, Jack Kerouac ou encore et toujours Lenny Bruce.

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Parodie de Playboy par le Harvard Lampoon en 1966, numéro imprimé sous les presses de Hugh Hefner

« L’art, c’est une grande quantité de travail avec un peu de merde au milieu. L’obscénité, c’est une grosse merde avec un peu d’art au milieu» (Lenny Bruce)

From Harvard to New York

Tandis qu’à la fin des années 1960 la plupart de leurs camarades de bancs de Harvard quittèrent leur jeunesse pour devenir avocats, médecins, politiciens…, Beard, Hoffman et Kenney transformèrent le Harvard Lampoon, journal satirique de la fac, en National Lampoon, afin d’offenser les cinquante États, des « equal opportunity offenders ». Sous la houlette de Matty Simmons, qui publiait des choses aussi différentes que le magazine Cheetah ou celui de Weight Watchers, le National Lampoon trouva une structure stable et une influence impensable à l’époque. La raison étant le refus des annonceurs de collaborer de quelque manière que ce soit avec « ce genre de magazine obscène », jusqu’à ce que les chiffres de vente permettent d’oublier les petites querelles philosophiques. Richard Nixon apprécia ainsi assez peu le magazine et la créativité de Robert Hoffman lorsque le président fut déclaré mort « avec dossiers à l’appui » dans l’un des numéros. Mais il ne s’en plaignit pas trop fort, pas plus que Minnie lorsqu’elle fut présentée en strip-teaseuse, et ce malgré les menaces de procès proférées par Disney !

Fort de ses mots, de ses idées et de ses testostérones, le magazine manquait pourtant de direction artistique à ses débuts (le premier numéro au style graphique plus indie, plus crumbesque, fut un four). Mais rapidement, avec l’arrivée aux commandes de Michael C. Gross, le magazine trouva son identité. Au lieu de forcer le trait sur ce qu’il pouvait y avoir de drôle dans le dessin, les illustrations devinrent plus précises, plus détaillées et proches de la réalité. Cette ressemblance eut pour effet de rendre l’œuvre plus belle mais aussi de créer un clash entre le réel et l’imaginaire encore plus fort.

Couverture du numéro 8 de septembre 1970 : l'arrivée à la direction artistique de Michael C. Gross a donné son identité graphique au magazine.

Dans les années 1970, le magazine devint l’un des grands représentants de l’esprit new-yorkais, celui qui ne s’était pas encore endormi sur les fauteuils psychanalytiques de Woody Allen. Pourtant, en dehors de Michael C. Gross, Michael O’Donoghue (auteur du très virulent Vietnamese Baby Book qui deviendra l’un des principaux scénaristes du Saturday Night Live) et de quelques autres, la plupart des membres de la rédaction venaient des quatre coins du pays, du Canada ou de Grande-Bretagne, comme Tony Hendra. C’est notamment lui, avec le renfort de Gross, O’Donoghue et d’une armée de contributeurs recrutés par leurs soins, que les activités du journal purent se développer, tandis que les pionniers du magazine s’en éloignèrent graduellement (une entente entre Simmons et le trio fondateur voulait que le premier rachète les parts des seconds pour 2 millions de dollars, ce qui entraîna automatiquement le départ de Beard et Hoffman dès 1975). En organisant notamment le National Lampoon Radio Hour (1973-1974) et Lemmings, avec des comédiens principalement issus de la scène mythique de la troupe Second City, à Chicago (John Belushi, Gilda Radner, Bill Murray, Chevy Chase…), le Lampoon put continuer de croître à coup de shows au cours desquels défilèrent sketchs et parodies de chansons connues.

De la dynamite à la rédaction

Un an auparavant, le Lampoon s’était frotté aux icônes de la musique avec son Radio Dinner (1972), un album composé de chansons parodiant Joan Baez, Paul McCartney, George Harrison, mais aussi Nixon et la famille Eisenhower. Pire, ils s’en étaient pris au couple mythique Yoko et John dans la chanson « Magical Misery Tour ». Tony Hendra s’était amusé à reprendre les propos très virulents de Lennon issus d’une interview donnée au magazine Rolling Stone en 1971. Lennon y utilise le mot « fuck » dans une phrase sur deux. Il traite Jagger de « copieur », de « blague » et de « pédale ». Il accuse McCartney de « produire de la merde », Dylan d’être un « faux », Elvis de « danser comme un con », les jeunes d’être des « fags » à qui il n’a rien envie de dire. Monsieur Imagine dit aussi au journaliste regretter de ne pas avoir cassé la gueule à Harrison. Le tout inspiré par sa découverte du primal scream aux côtés du Dr Arthur Janov chez qui le couple pacifiste avait fait un stage. Résultat de la parodie auprès de certains fans : neuf bâtons de dynamite furent envoyés à la rédaction. Les journalistes eurent juste le temps de quitter l’immeuble.

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Le comité éditorial du National Lampoon avec Henry Beard en haut au centre

Qu’il s’agisse de la presse satirique ou de la scène, le monde de l’humour fut misogyne pendant très longtemps, acceptant difficilement qu’une femme soit capable et puisse se moquer des hommes.

Animal House

À la fin des années 1970, les grandes figures du magazine quittèrent plus calmement la rédaction pour d’autres aventures. En retrouvant régulièrement la « bande à Belushi ». Tout d’abord au Saturday Night Live, dont Michael O’Donoghue et sa petite amie Anne Beatts devinrent deux des principaux auteurs. « On me demande souvent comment j’ai commencé au National Lampoon. De la même manière que certaines en politique : sur le dos ! » déclarait-elle. Suite à un blind date avec Michel Choquette, auteur au Lampoon, elle partit avec lui à New York où elle l’assista au sein de la rédaction. Puis elle trouva, à force de proposer des textes, sa place dans un environnement où la représentation féminine était rare. Qu’il s’agisse de la presse satirique ou de la scène, le monde de l’humour fut misogyne pendant très longtemps, acceptant difficilement qu’une femme soit capable et puisse se moquer des hommes.

C’est à Hollywood ensuite que s’expatria une partie des grandes figures du National Lampoon. Doug Kenney fut engagé comme scénariste sur le film National Lampoon’s Animal House (American College, 1978), comédie culte traitant de la vie d’une fraternité, qui ne se préoccupe que de s’amuser, faire la peau au doyen Wormser et caresser celle de sa femme et des autres étudiantes. Bref, un retour cinématographique aux sources d’inspiration du National Lampoon. Kenney y fait d’ailleurs une apparition en interprétant Stork. Par la suite, il produira et écrira le scénario de Caddyshack (Le Golf en folie !, 1980), réalisé par Harold Ramis, un film déjanté sur le golf avec Bill Murray, Chevy Chase et Rodney Dangerfield, en apparence inoffensif et inégal (mais devenu culte au fil du temps) s’il n’égratignait pas à sa manière une certaine autorité qui, chez Kenney, se matérialisait dans la figure de son père, qui ne l’a jamais soutenu. Un mois à peine après sa sortie, Kenney, égaré, seul et paumé dans ses problèmes d’addiction, mettra fin à ses jours. Ce sera alors pour de bon la fin d’un certain âge d’or du Lampoon, celui qui, durant dix ans, aura pour de bon participé au bouleversement de la comédie américaine.

Les films du vidéoclub

Une page s’étant tournée avec la mort de Kenney et le SNL ayant pris le relais de la satire dans les années 1980, Harold Ramis et John Hugues, tous deux ex-membres du Lampoon, deviendront les porte-voix de nombreuses comédies estampillées ou non du nom du magazine. Le premier fera un carton grâce au mythique (et presque inconnu chez nous) National Lampoon’s Vacation (Bonjour les vacances, 1983), dans lequel Chevy Chase embarque sa famille dans un road-movie barré. Visant l’iconique famille middle class dans tous les apparats et préoccupations de son temps, le film s’amuse à empiler les gags délirants façon slapstick de société. Un an plus tard, avec Dan Aykroyd, Ramis écrira le scénario de Ghostbusters (Ivan Reitman, 1984), dont le célèbre logo fut dessiné par Michael C. Gross. Le film deviendra l’emblème d’une décennie acquise à un mélange des genres (comédie, fantastique, effets spéciaux) qui fera simultanément les beaux jours d’Hollywood. Il parachèvera surtout le couronnement des stars du Lampoon et du SNL au cinéma, qui régneront sur la décennie. De son côté, Hugues deviendra le pape du teen movie que l’on sait avec Breakfast Club (1985), La Folle Journée de Ferris Bueller (1986) ou encore Une créature de rêve (Weird Science, 1985), son film le plus lampoonien, qui met en scène deux nerds créant un top model à partir de leur Commodore 64 – la fin, ahurissante, où lors d’une soirée une fusée surgit au milieu du living, est un concentré de l’esprit foutraque et juvénile du National Lampoon. Un esprit qui par la suite ne sera plus que la triste caricature de lui-même et qui surtout ne retrouvera jamais celui d’une époque libertaire qui le conditionnait. Mais au moins la graine a germé, et moult descendants de la comédie américaine jusqu’à aujourd’hui, dont Judd Apatow, doivent quelque chose à ce magazine légendaire dont certaines dorm rooms se souviennent encore.

Lampoon

Caddyshack de Harold Ramis (1980) avec Bill Murray et Chevy Chase. Le film au fil du temps est devenu un classique de la comédie américaine de la décennie.

Postface

Le National Lampoon s’arrêtera en 1998 avec son 249e numéro. La marque, elle, continuera, le nom ayant été repris quatre ans plus tard pour créer la National Lampoon, Inc., permettant à la nouvelle société de licencier tout et n’importe quoi, la plupart du temps sans interférence créative. À commencer par des films, beaucoup (trop), qui finiront tous dans les bacs des comédies qui tachent, surtout au niveau du slip. Ce sont ces mêmes films, le pire du potache, sexiste et crétin, qui participeront à écorner la réputation du Lampoon depuis le début des années 2000. Les dirigeants de la société finiront empêtrés dans des histoires de montage financier frauduleux qui les pousseront à revendre la compagnie. Même leur site Internet, plusieurs fois salué, finira par fermer ses portes. Aujourd’hui, suite au documentaire Drunk Stoned Brilliant Dead: The Story of the National Lampoon (2015), qui revient sur l’histoire du magazine en compagnie de guests comme Judd Apatow, Henry Beard ou Tony Hendra, et au film Une drôle de fin sur Netflix (malgré sa relative faiblesse), il semblerait que la flamme du Lampoon pourrait être ravivée. Mais la satire est-elle encore pertinente dans un monde devenu lui-même satirique ?

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