L’actualité, ça n’est jamais vraiment ce qui se passe maintenant. On ignore toujours de quoi est fait le présent, et c’est quand il est tombé dans le passé qu’il se laisse mieux cerner. Certains visionnaires vous annoncent déjà de quoi sera fait 2019, mais, n’ayant pas leurs talents ni leurs boules de cristal, on préfère vous rappeler de quoi a pu être fait la dernière partie de l’année 2018.  Ainsi, voici 10 bandes dessinées pour agrémenter vos longues soirées d’hiver : un recueil de short stories hantées, une souris au courage aussi grand que ses oreilles, un détective des mondes alternatifs, un morceau d’Histoire en ligne claire, un cowboy égaré, un mangaka surdoué et angoissé, un bourgeois trop fat, un super-héros tout mouillé, des vedettes de la franco-belge qui reprennent du service et un petit vendeur de Tours Eiffel héroïque.

1 – Pour se la laisser raconter :

Jordan Crane, L’Ombre de la nuit (L’Employé du Moi)

Pour nous, Jordan Crane était un illustre inconnu jusqu’à la publication de ce recueil en novembre dernier par L’Employé du Moi. L’éditeur se veut rassurant : même si l’auteur est actif depuis plus de 20 ans dans le milieu indépendant américain, même s’il a été primé de deux Ignatz Awards en 2009, Jordan Crane a été peu traduit à l’étranger, voire pas du tout en France. Et quand on lit L’Ombre de la nuit, le moins que l’on puisse affirmer, c’est qu’il s’agit là d’une injustice totale. Des neuf récits qui composent le recueil, il n’y en a pas un qui ressemble à l’autre : on passe allégrement du fantastique à la comédie dramatique intimiste, du poème synesthétique au cauchemar éveillé, ou encore de l’étude de caractère à la science-fiction lapidaire. Crane sait raconter des histoires, toutes sortes d’histoires. Il en faut du talent pour s’illustrer dans l’art si difficile du récit court. On sent planer sur ses créations l’ombre tutélaire des grands auteurs de la forme brève américaine en littérature, dans tout l’éventail des genres possibles, digérée au travers d’une ligne claire jamais trop froide mais toujours précise, jamais figée mais toujours expressive, jamais linéaire mais toujours habitée – hantée comme ces récits de souffrance et d’espoir, si magnifiquement humains qu’ils sont comme des bouées de sauvetage en ces temps de naufrage collectif.

bd 2018

2 – Pour redécouvrir un héros :

Mickey Mouse de Floyd Gottfredson (3 intégrales disponibles, Glénat)

Quel bonheur de pouvoir replonger dans les strips en noir et blanc réalisés par l’immense Floyd Gottfredson au début des années 1930, dans le sillage de la Mickey-mania initiée par la création du personnage en 1928 ! Celui qui est en train de devenir le géant de l’animation universelle a tenu à ne pas cantonner l’étendue de son influence au seul 7èmeart et son personnage fétiche est devenu le héros d’un strip quotidien pour différents journaux nationaux. En 1930, Walt Disney confie à Gottfredson la réalisation du comic alors que ce dernier n’est employé que depuis peu de temps dans ses studios, en qualité d’intervalliste d’animation. Gottfredson n’est d’abord pas tout à fait séduit par la proposition, mais Disney lui promet que cet emploi ne sera que temporaire. Il durera plusieurs décennies, faisant de Gottfredson l’auteur de comics issu de l’écurie Disney le plus populaire avec Carl Barks (qui officie, lui, chez les canards). Au-delà de la success-story comme on les aime, redécouvrir le travail de l’auteur à l’orée des années 1930, c’est faire connaissance avec un Mickey bien moins gentillet et naïf qu’exploité par Disney au rayon animation. La souris officie ici dans un slapstick directement inspiré de la comédie burlesque contemporaine, Gottfredson n’hésitant pas tourner son téméraire héros en dérision. Surtout, il le confronte à la réalité de son temps : la crise économique, l’injustice politique et sociale, la corruption… Mickey évolue dans des quartiers défavorisés, voire des camps de hobos, et il y vit la vie dure et épique des laissés pour compte du rêve américain. Mickey Mouse y devient le héros d’un monde en déclin, et plus seulement celui d’un imaginaire en forme d’exutoire. La petite souris avec sa fragilité, son orgueil démesuré, ses échecs continuels, c’est l’être humain tout entier dans sa bravoure dérisoire face au quotidien.

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3 – Pour vivre entre deux mondes :

Ether de Matt Kindt et David Rubín (1 tome disponible, Urban Comics)

Avec cette nouvelle série, on retrouve, en charge du scénario, l’auteur omnipotent Matt Kindt, star de la BD indépendante US et petite vedette du mainstream, épaulé au dessin par l’espagnol David Rubín. Ether met en scène une sorte de détective de l’occulte, Boone Dias, qui s’avère plutôt être un scientifique obstiné, rejetant toute alternative irrationnelle ou surnaturelle au profit d’une foi inamovible dans le raisonnement logique pur. Même lorsqu’il voyage dans le monde magique d’Ether, il ne se laisse jamais abusé par les fées, les Golems et autres créatures impossibles : il reste plus que jamais convaincu que tout peut trouver son explication par la science. Le récit se développe dans un univers en permanence à la lisière de la folie et de l’hallucination, Boone apparaissant comme un Don Quichotte chez qui la passion scientiste se serait substituée à l’idéal chevaleresque. Au-delà des péripéties démentes et d’un univers graphique d’une grande richesse (quelque part entre Aâma et Space Boulettes), Ether touche en plein cœur lorsque le récit laisse entrevoir la possibilité d’un univers purement fantasmatique, issu de l’imagination d’un vieil homme désespéré comme échappatoire à la cruelle réalité. L’entêtement de Boone n’aurait alors d’égal que sa propre incompétence à s’inscrire pleinement dans le réel, ne pouvant faire l’exercice de sa vocation scientifique qu’au-delà des bornes de son imaginaire. Aussi réjouissant que tragique.

4 – Pour remonter aux sources :

Rampokan de Peter Van Dongen (Dupuis)

Avant de prendre en charge (plutôt brillamment) une partie du dessin de la série Blake et Mortimer avec Menace sur Hong-Kong, le néerlandais Peter Van Dongen s’était déjà fait remarquer grâce au diptyque Rampokan paru au début des années 2000 chez Vertige Graphic. Dupuis profite du coup de projecteur donné par la franchise jacobsienne pour rééditer en un seul et beau volume l’œuvre maîtresse de l’auteur. Rampokan se voit doté de couleurs magnifiques, dont l’aplat classique sied à merveille une ligne claire comme on pensait l’avoir abandonnée à la fin des années 1980. Esthétiquement, c’est un choc dont la maîtrise n’a d’égale que sa sobriété, savant héritage d’Hergé et de Ted Benoit. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si ce dernier avait envisagé confier la suite des aventures de Ray Banana à Van Dongen – avant que Dargaud ne lui mette le grapin dessus. Fidèle à la rhétorique contournée de la ligne claire moderne, Rampokan raconte la guerre d’indépendance indonésienne sans simplisme ni raccourci caricatural. Au contraire, tout n’est qu’ambivalence et faux-semblants – une réplique s’en fait la synthèse : « ici, tout est trompeur… »

Le titre lui-même en est l’étendard. « Rampokan » désigne un rituel visant à exorciser un danger en le chassant sous la forme d’un tigre. Si le tigre parvient à s’échapper, le malheur et le chaos régneront. Les autorités hollandaises ont interdit cette pratique en 1905, et s’y livrer, comme dans la bande dessinée, relève de l’insurrection. Entre la voix de la tradition et la loi de la civilisation se trace le chemin inflexible d’une fatalité moderne. Van Dongen est bien placé pour en parler, lui qui se situe au carrefour des cultures, sa mère indonésienne ayant connu la guerre avant de se marier avec son père hollandais. Un chef d’œuvre en clair-obscur.

5 – Pour se perdre :

Calfboy de Rémi Farnos (La Pastèque)

Les lecteurs de Carbone se souviennent sans doute d’Alex Chauvel, auteur de bande dessinée longuement interviewé à l’occasion de notre premier numéro consacré aux cartes au trésor. Et bien Rémi Farnos, c’est en quelque sorte son frère spirituel rencontré sur les bancs des Beaux-Arts d’Angoulême et indissolublement lié à la création des éditions Polystyrène, où ils imagineront tous les deux, en 2015, l’extraordinaire Thomas & Manon, livre-jeu dont l’histoire se construit en même temps qu’elle se déploie dans l’espace. La même année, Farnos publie l’épopée de poche Alcibiade pour La Joie de Lire, récit initiatique et légendaire de toute beauté, chaudement recommandé pour tous les âges. En 2017, le même éditeur publie Le Monde des Végétanimaux, pérégrination d’un cosmonaute sur une planète peuplée d’étranges créatures. À chaque fois, l’auteur décline ses obsessions : le dessin comme création / défrichage de l’espace, la planche comme découpage topographique, le voyage comme rencontre avec l’inconnu et avec soi – l’inconnu en soi. Toujours lisible et pourtant intensément poétique, son travail mérite d’être connu et reconnu à sa juste valeur : un trésor pour les yeux et la pensée. Calfboy, sorti l’automne dernier chez La Pastèque, s’inscrit dans le même sillon.

Cette fois-ci, Farnos se glisse dans la forme du western pour en décliner, à l’instar du Christophe Blain de Gus, une veine parodique et absurde. Ses personnages en fil de fer (un peu comme ceux de Tom Gauld) réduisent leur expression au strict minimum pour mieux laisser s’épanouir une verve plus pince-sans-rire que jamais. Leurs déplacements dans un far-west pluriel sont prétextes à toutes les déclinaisons géographiques. Il y est encore question d’allers et de retours, de quêtes et d’échecs, de ce qu’on gagne et de ce qu’on perd, de méchants et de gentils, de ce qu’on oublie et ce qui compte vraiment. Calfboyest destiné à être une trilogie : vivement la suite, donc.

6 – Pour broyer du noir et en extraire un diamant brut :

L’Homme sans talent de Yoshiharu Tsuge (Atrabile)

Yoshiharu Tsuge n’est certes pas l’homme sans talent (ou l’homme inutile) du titre éponyme. Au Japon, il est surnommé kisai (le génie singulier) et sa vie est un roman. Il commence sa carrière de mangaka à 17 ans, au terme d’une enfance passée à travailler chaque jour après l’école sous la houlette d’un beau-père tyrannique et violent. À 14 ans, il avait tenté de fuir en embarquant clandestinement dans un bateau en partance pour les États-Unis. Mais il avait été découvert et jeté en prison. Dans ses années d’apprentissage du dessin et de la technique du manga, et en particulier à partir de 1957, au moment où il peut vivre de son art, Tsuge cherche à s’instruire et à approfondir l’originalité de son approche. Au début des années 1960, il lui devient plus difficile de publier son travail et se retrouve contraint, dans la misère, à vivre en vendant son sang. Il est frappé par des crises d’angoisse face à son (in)activité, qui ne cesseront plus jamais de le tourmenter. En 1965, il est de nouveau édité au sein de la revue Garo et aborde des sujets inédits comme la sexualité. Par la même occasion, il rompt formellement avec le modèle narratif et esthétique initié par Tezuka. Il devient ainsi l’un des représentants les plus remarquables du watakushi manga (« bande dessinée du moi »).

Deux ans après, de nouveau angoissé, il abandonne quelques temps son travail d’auteur et assiste Shigeru Mizuki. Mais bientôt la critique s’embrase pour lui et Garo lui consacre un numéro spécial. Il revient alors à la veine semi-autobiographique qui l’a rendu célèbre, nourrie par ses voyages dans le Japon et son goût pour les sujets obscurs et inattendus, tout en s’intéressant de plus en plus à l’onirisme et à sa retranscription par le dessin, ses récits glissant imperceptiblement dans l’irrationnel.

À partir de la fin des années 1970, ses doutes lui rendent l’exercice du dessin de plus en plus difficile. Ses derniers travaux, juste avant de prendre sa retraite en 1987, sont regroupés dans L’Homme sans talent. Le personnage central est lui-même un auteur de manga qui refuse les compromis et les travaux alimentaires. Face à l’adversité et aux impératifs du quotidien, il dédie son existence à l’échec et à la marginalité. Au fil des pages, non sans ironie, le récit d’une chute annoncée se meut en panégyrique torturé pour finir par célébrer obliquement l’éloge de la fuite. Une œuvre dévastatrice et géniale. Les éditions Cornélius vont poursuivre en 2019 cette redécouverte patrimoniale, en commençant par Les Fleurs pourpres en février.

7 – Pour réviser ses classiques :

Docteur Poche d’Alain Saint-Ogan (Revival)

Alain Saint-Ogan est aussi abondamment cité qu’il est peu lu. L’amateur de bande dessinée éclairé sait au moins se référer à la série Zig et Puce, incunable de la franco-belge révéré par tous ceux qui deviendront des auteurs après en avoir été les lecteurs. S’il a bonne mémoire, l’amateur pourra même souligner combien le rôle de Saint-Ogan est capital dans la formation artistique d’Hergé, dont il fut l’un des grands inspirateurs. Sa place au panthéon de la bande dessinée est si cruciale qu’il est choisi, en 1974, quelques mois avant sa mort, pour être le premier président d’honneur du Festival d’Angoulême, tandis que les prix décernés sont nommés les « Alfred », en hommage au pingouin de Zig et Puce. Au-delà de ces quelques anecdotes, Saint-Ogan est aujourd’hui peu publié et son œuvre, relativement oubliée. Excellente nouvelle, donc, que cette réédition, l’automne dernier, par la jeune maison Revival, de l’intégrale des gags de M. Poche. M. Poche est un gros bourgeois ridicule, aussi attachant qu’agaçant, emblème du français moyen des années 1930 et de la médiocrité nationale à travers les âges. Fils spirituel de Bouvard et Pécuchet, éminemment flaubertien dans sa radioscopie in situ de la bêtise, alter-ego de tous les Monsieur Prudhomme de la fin du 19èmesiècle, le gros bonhomme est la vedette de gags savoureux et charmants – lesquels, en une planche, annoncent d’ailleurs une formule qui va faire recette à compter des années 1950, avec Modeste et Pompon, Gaston Lagaffe, Boule et Bill, etc.

Saint-Ogan adjoint à ce personnage haut en couleur un kangourou gaffeur, Salsifis, pour une fantaisie du plus bel effet. Greg, grand amateur de Saint-Ogan (et dont un texte est utilisé en postface de cette présente édition), rendra un hommage à M. Poche, et pas n’importe lequel : Achille Talon est largement inspiré par l’anti-héros au nez couperosé. À quoi il faudrait ajouter que, bourgeois lui-même, l’auteur cherche aussi à faire son portrait avec dérision et satire au fil des planches, comme pour affirmer à demi-mot « M. Poche, c’est moi ». Nominé à Angoulême au titre de la meilleure édition patrimoniale, M. Pocheest rentré bredouille – normal, les prix ne se nomment plus des « Alfred », mais des « Fauve ». Ainsi va la vie.

8 – Pour plonger dans le super-bain :

Aquaman – La mort du Prince (Urban Comics)

Les films de super-héros ont au moins ce mérite (et ils en ont d’autres) : chaque sortie donne l’occasion aux éditeurs de faire découvrir des pans entiers de l’histoire des comics que nous connaissons si mal, en France. Ainsi la série Aquaman n’a sans doute jamais été la plus populaire de ce côté-ci de l’Atlantide (pardon : de l’Atlantique), et c’est une vraie opportunité que de plonger dans ce cycle d’aventures issu du milieu des années 1970. Cela permet de constater combien ce Roi des Sept Mers est un étrange personnage, lui qui semble n’avoir jamais laissé derrière lui les oripeaux du serial. Aquaman ressemble à un Flash Gordon sous-marin : tout y est désuet, un peu bizarre (les scènes sous-marines – c’est-à-dire 99% de l’album – ne fonctionnent pas vraiment), mais d’une vitalité étonnante. L’affaire commence par une série de duels avec des ennemis invraisemblables (ne citons que le Pêcheur…), trouvant leur conclusion en quelques pages rapidement expédiées. Et puis, peu à peu, le récit se corse, un dilemme se fait jour au sein du double statut d’Aquaman (super-héros ET roi) et les scénaristes le confrontent à l’une des pires tragédies qui soit. Le tout est mené à un rythme si soutenu qu’on en a presque le mal de mer, mais force est de constater que le titre s’inscrit en plein dans le virage adulte et noir amorcé par DC pendant les seventies.

Le monde sous-marin y devient le reflet inversé des agitations politiques et sociales de l’époque (en particulier au travers de l’étonnant super-vilain Black Manta) et le théâtre d’une immense tragédie de la Maîtrise qui confronte inévitablement le héros à l’échec et à la chute. Avec une problématique similaire, à peu près à la même époque, Black Panther faisait des merveilles. La mort du Prince est moins fort, mais vaut le détour pour tous les amateurs de comics.

9 – Pour ronger son frein :

Les Cahiers Tif et Tondu de Blutch et Robber (Dupuis, 2 tomes disponibles)

On sait depuis longtemps que Blutch travaille à une aventure de Tif et Tondu. On a beau être naturellement flegmatique et disposer d’une réserve de sang-froid à faire passer le Clint Eastwood de la trilogie du dollar pour un anxieux compulsif, l’annonce d’un tel projet avait provoqué chez nous une impatience proche de l’hystérie. Un peu comme lorsque Dupuis avait annoncé le retour du Théodore Poussin de Frank Le Gall. Et du coup, l’éditeur ressort la même carte que pour Le Dernier Voyage de l’Amok : une prépublication ultra-limité, en noir et blanc, et assortie de croquis et autres documents exclusifs, histoire de donner aux lecteurs du grain à moudre. La formule des « Cahiers » permet donc de découvrir Tif et Tondu version Blutch et Robber (son frère) : un hommage à Will et Rosy, une réflexion méta sur l’écriture, le modèle et la copie – et surtout un livre qui donne enfin un sens à la reprise en bande dessinée : plutôt que répéter une formule éprouvée, la réinventer à travers le regard d’un auteur. Vivement la suite. (Et vivement, aussi, le Blueberry version Blain et Sfar)

10 – Pour lire autre chose que de la BD :

Massamba, le marchand de Tours Eiffel de Béatrice Fontanel et Alexandra Huard (Gallimard Jeunesse)

Pour terminer cette sélection, un album pour enfants mais pas que, à la place d’une bande dessinée. Une histoire d’aventure et d’héroïsme qui résonne très fort avec l’actualité. C’est un conte moderne qui confronte les enfants à la réalité de notre temps, avec sensibilité et un sens du merveilleux qui ne peuvent qu’éblouir. Le texte de Fontanel est aussi limpide que poétique, et le dessin de Huard, comme toujours, est un envoutement à chaque page. Un livre à mettre entre les mains de tous les enfants, y compris les grands enfants un peu trop capricieux et égocentriques auxquels ressemblent certains d’entre nous, pour s’éveiller à un peu plus d’humanité. L’une des œuvres les plus belles et les plus justes qui soient sur l’immigration, toutes catégories confondues.

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