Encore un récap de la décennie 2010 au cinéma ? Oui, mais non. Pas tout à fait. Plutôt une tentative pour chacun d’entre nous, ici, de tirer le portrait d’une décennie en films. Une décennie moins évidente à définir que la précédente, où les lignes du cinéma semblent avoir bougées devant un paysage médiatique brusquement bouleversé par l’expansion de Netflix et la généralisation des écrans mobiles. D’auteur ou blockbuster, de Noah Baumbach à Michael Bay ou Martin Scorsese, le géant du streaming est tout terrain, les producteurs veulent tous y placer leurs pions, les spectateurs optent pour l’adhésion massive et plus rarement la résistance (passive), provoquant le ricanement des derniers cinéphiles ne jurant encore que par la salle. Jamais le cinéma ne semble avoir autant suivi une courbe technologique qui n’est pas la sienne, l’obligeant à multiplier les specs pour attirer encore vers ses écrans géants. Pourtant, c’est bien encore là que les choses se passent. En voici la preuve, ce sera peut-être la dernière.

De quoi la décennie qui se referme sera-t-elle le nom ? Des années 2000, on a retenu l’image d’un territoire du chaos, d’une brusque accélération verticale, technique, historique (11 septembre, Internet, smartphones…), que le surgissement des nouvelles images numériques a accompagné de ses formes imprévisibles et mutantes. Les années 2010, nous semble-t-il, auront réalisé la prophétie du grand film-maudit de la décennie précédente : Southland Tales (2007). Elles auront colonisé ce territoire du chaos pour nous faire entrer dans l’âge de l’inertie. C’est à dire d’un chaos normalisé, médiatisé, d’un mouvement où plus rien n’advient ni ne survient, qui nous condamne au psittacisme et à la nostalgie toujours réactualisée. L’Internet pionnier est devenu un Leviathan techno-capitaliste qui nous traque en tout et partout (Social Network, Hacker) ; nous restons pétrifiés face à la catastrophe climatique qui a déjà commencé et à l’ampleur cyclopéenne de ce qu’il faudrait faire pour l’amortir (la série documentaire systémique Notre planète) ; la guerre contre le terrorisme qu’on a cru symboliquement gagner par la mort de Ben Laden a métastasé en un blob immortel et malfaisant (13 novembre : Fluctuat nec mergitur ; Zero Dark Thirty ; Homeland…) ; les agents du néo-libéralisme n’ont jamais été autant accusés et solidaires, comme si leur jouissance ne devait s’arrêter qu’avec la marche du monde (Le Loup de Wall Street,  Margin Call), l’autoritarisme ronge les démocraties de l’intérieur (Hypernormalisation, la présidence Trump digne d’une fiction), presque pacifiquement, en tout cas sans violence ni coups d’État (The Laundromat, Citizenfour). Le monde n’a jamais semblé aussi près de craquer et pourtant aussi paralysé par cette attente.

Fatalement, le cinéma de cette décennie s’est chargé d’un sentiment d’inertie aux proportions inédites. Parce qu’il marque l’apothéose de la stratégie monopolistique de Disney pendant cette décennie, mais aussi parce qu’il pousse la logique du méta-remake jusqu’à revisiter les 21 films qui l’ont précédé, Avengers Endgame (2019) restera comme le grand film-symptôme de la période. Même s’il est rarement cité ici (un peu plus Outre-Atlantique), ses formes redondantes, son écriture composite, son humour auto-référencé, son cynisme mercantile aussi, demeurent le meilleur témoin du Zeitgeist, de cette volonté assumée de s’enivrer d’un énième tour de piste pour ne pas avoir à se projeter. Voilà un film détestable et admirable simultanément, un film dont les beautés procèdent de ses laideurs et réciproquement. Un film contemporain, définitivement. A l’autre bout du spectre hollywoodien, dans la continuité et simultanément contradictoire, on trouve un autre mutant revenu du passé mais catapulté lui par un moteur promis à tous les dépassements : Mad Max : Fury Road (2015). Film-balistique par excellence, visiblement conçu pour s’arracher de toutes les forces gravitationnelles et prendre la tangente, le quatrième épisode du road warrior aura fait consensus par sa radicalité (il est cité partout, détesté de quelques uns), s’offrant certes comme une anomalie dans le paysage du blockbuster, mais incarnant aussi une possible voie de sortie par le haut. 

Il restera un peu comme le porte-étendard de ce cinéma dont l’horizon graphique aura consisté en une fusion du cinéma et de l’animation, de ces films qui seront parvenus, pendant ces années-là, à faire de la technique envahissante le plus étourdissant des outils de mise en scène  (Gravity, Tintin, The Walk).

Et puis il y a Kechiche qui semble tout ramasser et filmer Mektoub My Love comme un magma palpitant et vitaliste, une tempête de corps, d’affects et de lumière qui interroge les sens, désobéit aux règles et libère toutes les énergies.

Faire mouvement, faire événement, quand précisément plus rien n’y parvient: voilà à quoi ces propositions de réenchantement ou de réensauvagement ont prétendu. Leurs efforts ne furent pas isolées. Héritier de Speed Racer et de la décennie précédente, le transmorphique Cloud Atlas (2012) enfonce la porte de sortie que les Wachowski esquissaient dans leur film précédent : celle du devenir, du bourgeonnement infini comme remède à l’inertie, sorte de mouvement intérieur qui s’envisagerait comme outil de résistance à toutes les logiques systémiques et inhumaines. Ce que Cloud Atlas fit au temps, sa soeur jumelle et sérielle Sense8 (2015) le fera ensuite à l’espace. Avec cette oeuvre bancale mais magistrale, où prolifèrent tous les devenirs et fleurissent toutes les transformations, les Wachowski sont parvenues à éclairer l’époque, ce moment si particulier où le progressisme se voit attaqué, malmené, tordu par tous les fronts, y compris par ceux qui l’ont pris comme nouveau bouclier, à l’éclairer disait-on de la plus simple, euphorique et bienveillante des lumières. Si aucune voix ne se veut plus haute que les autres dans ce grand manifeste trans, celles des femmes, de toutes les femmes, s’y font malgré tout plus particulièrement entendre. Logique tant leurs surgissements auront marqué cette décennie. Au cinéma, ces voix auront été relayées par une génération qu’on aurait pourtant pu croire dépasséee (Pentagon Papers  de Spielberg, Le Conte de la princesse Kaguya  de Takahata, Mes meilleurs amies de Paul Feig), par le portrait sensible de laissées pour compte (Fatima de Philippe Faucon), par la puissance libératrice de quelques amazones (Millenium et Gone Girl de Fincher, Mad Max encore), par la voix même des principales concernées (Certaines Femmes de Kelly Reichardt, Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow) et même par le coeur du système lui-même (les productions Disney La Reine des Neiges, Star Wars, Captain Marvel qui se sont offertes comme de parfaits symptômes du moment).

Et puis, il y a Kechiche. Kechiche qui semble tout ramasser et filmer Mektoub My Love – Canto Uno (2017) comme un magma palpitant et vitaliste, comme une tempête de corps, d’affects et de lumière qui interroge les sens, désobéit aux règles et libère toutes les énergies : de la chair et des regards, des émotions et du verbe, de la jeunesse et du temps. Du temps, ou plutôt de la durée, cette victime de l’inertie dont on comprend, ici et dans l’ultime saison de Twin Peaks (2017), à quel point sa supériorité proliférante nous manque à l’ère du fragment-roi. De prolifération, il est aussi question dans le Once Upon a Time in Hollywood (2019) de Quentin Tarantino. Il y a dans le foisonnement de trames et de possibles qui font le film un rapport buissonnier, iconoclaste au temps, moins une envie d’écouter encore et encore la même histoire que de la dépasser, de la déborder tranquillement pour en écrire une neuve, plus belle, sur son cadavre. Même si elle s’avance avec davantage de contrôle et un soin maniaque, on retrouve enfin cette esthétique fractale dans les derniers Christopher Nolan et Paul Thomas Anderson, particulièrement dans Interstellar et Inherent Vice. Quoique très différents sur la forme, l’un et l’autre y plient et déplient deux origamis spatio-temporels qui s’équivalent: celui des équations quantiques pour l’un, de la langue de Thomas Pynchon pour l’autre.  

En haut : Mektoub My Love : Canto Uno ; en bas : Once Upon a Time in Hollywood (D.R.)

Plutôt que de s’en détourner, de tenter de le dépasser par la vitesse, la transformation, la libération ou la prolifération, d’autres oeuvres ont préféré regarder en face l’horizon paralytique qui nous fait face. Pensons à Unstoppable (2010) de Tony Scott, à ce train-monde lancé sur les rails d’une catastrophe dont deux ouvriers, enfermés dans leur cabine et cernés par les caméras de TV, tentent désespérément de faire dérailler l’inéluctabilité. Pensons au Social Network (2010) de Fincher (décidément l’un des grands bonhommes de la décennie,  même si la critique américaine lui aura préféré Denis Villeneuve), à ce jeune Zuckerberg qui deviendra un puissant tycoon par la création d’un empire qui ne fera que réactualiser les structures du pouvoir qu’il prétendait combattre (incroyable dernier plan que celui du jeune entrepreneur pressant F5 dans l’espoir d’un changement…). Pensons à Hacker (2015) de Michael Mann, peut-être le moins aimable de ses films, en tout cas le plus aride et inhumain, qui n’a de cesse de rejouer dans le réel sa séquence introductive en image de synthèse pour donner à voir ce qu’on refuse d’entendre par ailleurs: nous sommes les otages de notre propre technologie. Pensons enfin à l’incroyable Un Jour dans la vie de Billy Lynn (2016) d’Ang Lee, à ses images numériques aussi hyalines et fragiles qu’une pierre précieuse, comme faites d’un cristal liquide qui se répandrait à la surface de l’écran. Reflets du stress post-traumatique et de l’hyper vulnérabilité du héros, ses plans hyper-réalistes font l’effet d’une stase vibrionnante, d’un paysage intérieur qui tenterait de garder sa contenance derrière l’uniforme mais qui ne tiendrait en réalité qu’à un fil. À leur manière, ces images sont la plus parfaite métaphore d’une époque en marche qui se serait – comme le souligne le titre du film – égarée pendant la mi-temps et ferait semblant de rien.

Un Jour dans la vie de Billy Lynn (D.R.)

Nos films des années 2010

Une seule consigne avait été donnée : les films qui pour vous ont défini la décennie 2010. Pas seulement vos favoris, donc, mais ceux qui disent quelque chose sur leur époque, littéralement ou à contre-courant peu importe. Un exercice d’équilibre auquel chacun s’est appliqué en se détournant parfois des sacro-saints dix doigts de la main, ou en trichant un peu.

Julien Abadie :

Avengers Endgame d’Anthony et Joe Russo

Mad Max : Fury Road de George Miller

Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino

Mektoub My Love : Canto Uno d’Abdelatif Kechiche

Cloud Atlas de Lana et Lily Wachowski et Tom Twiker

Social Network de David Fincher

Un Jour dans la vie de Billy Lynn (Billy Lynn’s Long Halftime Walk) d’Ang Lee

Redline de Takeshi Koike / Promare de Hiroyuki Imaishi

Unstoppable de Tony Scott

Hacker (Blackhat) de Michael Mann

Hors temps

+ The Lost City of Z de James Gray

++ Nouveau départ (We Bought a Zoo) de Cameron Crowe

+++ Comment savoir (How do you Know) de James L. Brooks

++++ Mia Madre de Nanni Moretti

+++++ Le Conte de la princesse Kaguya d’Isao Takahata

Louis Blanchot :

1. Mektoub My Love : Canto Uno d’Abdelatif Kechiche

2. Gone Girl de David Fincher

3. Ma Loute de Bruno Dumont

4. Mad Max : Fury Road de George Miller

5. Réalité de Quentin Dupieux

6. Le Stratège de Benett Miller

7. Under the Skin de Jonathan Glazer

8. Les aventures de Tintin de Steven Spielberg

9. The Assassin de Hou Hsiao Hsien

10. La Mort de Louis XIV d’Albert Serra

Gone Girl © 2014 Twentieth Century Fox / Regency Enterprises.

Sébastien Bénédict :

1. Twin Peaks : The Return de David Lynch

2. Holy Motors de Leos Carax

3. Adieu au langage de Jean-Luc Godard

4. P’tit Quinquin de Bruno Dumont

5. Un jour dans la vie de Billy Lynn d’Ang Lee

6. Mad Max : Fury Road de George Miller

7. Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino

8. Toni Erdmann de Maren Ade

9. Spring Breakers d’Harmony Korine

10. Spider-Man: New Generation de Bob Persichetti, Peter Ramsey, Rodney Rothman

+ Sense8 de Lana et Lily Wachowski et J. Michael Straczynski

En haut : Holy Motors © Pierre Grise Production ; en bas : Adieu au langage © Kino Lorber Inc.

Damien Bonelli

1. Twin Peaks: The Return de David Lynch

2. Mad Max : Fury Road de George Miller

3. Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino

4. Mektoub My Love: Canto Uno d’Abdelatif Kechiche

5. Gone Girl de David Fincher

6. Inherent Vice de Paul Thomas Anderson

7. Rester Vertical d’Alain Guiraudie

8. Un jour dans la vie de Billy Lynn d’Ang Lee

9. Cosmopolis de David Cronenberg

10. A Touch of Sin de Jia Zhangke

Hors-temps

+ A Serious Man de Joel et Ethan Cohen

++ Interstellar de Christopher Nolan

+++ Les Mystères de Lisbonne de Raul Ruiz

++++ The Lost City of Z de James Gray

+++++ Comment Savoir (How Do You Know) de James L. Brooks

En haut : Inherent Vice © Warner Bros ; en bas : Twin Peaks : The Return (D.R.)

Adrien Dénouette :

1. (ex-aequo) : Mektoub My Love (Canto Uno + Intermezzo) d’Abdelatif Kechiche / Gone Girl,de David Fincher

3. Mad Max : Fury road de George Miller

4. Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street) de Martin Scorsese

5. Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino

6. Spring breakers d’Harmony Korine

7. Inside Llewyn Davis d’Ethan et Joel Coen

8. The Act of Killing de Joshua Oppenheimer

9. Le Stratège (Moneyball) de Bennett Miller

10. Les Kaïras de Frank Gastambide

Hors compét’ :

+ Twin Peaks the Return de David Lynch

++ TPMP : les 36h de Baba (C8)

+++ France-Argentine 2018

Mektoub My Love : Intermezzo | © Quat’Sous Films / Pathé Films / France 2 Cinéma / Good Films / Bianca / Nuvola Film

Jérôme Dittmar :

A l’heure ou presque : 

Mektoub My Love : Canto Uno d’Abdelatif Kechiche

Cloud Atlas / Sense8 de Lily et Lana Wachowski

Le Conte de la princesse Kaguya d’Isao Takahata

Social Network de David Fincher

Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street) de Martin Scorsese

Un jour dans la vie de Billy Lynn (Billy Lynn’s Long Halftime Walk) d’Ang Lee

Mad Max : Fury Road de George Miller

Unstoppable de Tony Scott

Hacker (Blackhat) de Michael Mann

Twixt de Francis Ford Coppola

Hors-temps :

+ Nouveau départ (We Bought a Zoo) de Cameron Crowe

++ Comment savoir (How do You Know) de James L. Brooks

+++ Le Marin masqué de Sophie Letourneur

++++ Les Malheurs de Sophie de Christophe Honoré

+++++ Diamant noir de Arthur Harari

Sense8

En haut : Cloud Atlas © Warner Brros . en bas : Sense8. (Netflix)

Miroirs (déformants) :

Joker de Todd Philips

Get Out de Jordan Peele

Edge of Tomorrow de Doug Liman

Unfriended de Leo Gabriadze

Sicario de Denis Villeneuve

Hypernormalisation d’Adam Curtis

Welcome to New York d’Abel Ferrara

Chronicle de Josh Trank

Avengers de Joss Whedon

13 novembre : Fluctuat nec mergitur de Gédéon et Jules Naudet

En haut : Chronicle | © Twentieth Century Fox France ; en bas : Joker | © Warner Bros.

Jacky Goldberg :

Cinéma. Série :

Twin Peaks : The Return de David Lynch

La Flor de Mariano Llinás

Egonomie :

Social Network de David Fincher

Le Loup de Wall Street  (The Wolf of Wall Street) de Martin Scorsese

Simulation :

Holy Motors de Leos Carax

Le Congrès (The Congress) d’Ari Folman

Réincarnation :

Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures d’Apichatpong Weerasethakul

Cloud Atlas de Lana et Lily Wachowski et Tom Tykwer

Écrans de fumée :

Hypernormalisation d’Adam Curtis

Inherent Vice de Paul Thomas Anderson

Gaze :

Mektoub My Love : Intermezzo d’Abdelatif Kechiche

Under The Skin de Jonathan Glazer

Inertie :

Unstoppable de Tony Scott

Trainé sur le bitume (Dragged Across Concrete) de S. Craig Zalher

Au-delà :

Mad Max : Fury Road de George Miller

Interstellar de Christopher Nolan

Histoire(s) de cinéma :

Adieu au langage de Jean-Luc Godard

Once Upon A Time In Hollywood de Quentin Tarantino

Frontière technologique :

Un jour dans la vie de Billy Lynn (Billy Lynn’s Long Halftime Walk) d’Ang Lee

Les Aventures de Tintin de Steven Spielberg

En haut : Unstoppable | © Twentieth Century Fox France ; en bas : Interstellar | © Warner Bros. France

Victor Moisan :

1.  Twin Peaks: The Return de David Lynch

2.  Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) d’Apichatpong Weerasethakul

3.  Holy Motors de Leos Carax

4.  P’tit Quinquin de Bruno Dumont

5.  Le Livre d’image de Jean-Luc Godard

6.  Le Conte de la princesse Kaguya d’Isao Takahata

7.  Tabou de Miguel Gomes

8.  Melancholia de Lars von Trier

9.  Spring Breakers d’Harmony Korine

10.  Certaines Femmes (Certain Women) de Kelly Reichardt

En haut : Le Conte de la princesse Kaguya © The Walt Disney Company France ; en bas : Oncle Boonmee © Pyramide Distribution

Camille Nevers :

Cap Nord de Sandrine Rinaldi

Twin Peaks : The Return de David Lynch

Boyhood de Richard Linklater

Spring Breakers d’Harmony Korine

Cloud Atlas de Lana et Lily Wachowski et Tom Tykwer

Les Flingueuses (The Heat) / Mes meilleures amies (Bridesmaids) de Paul Feig

The Master de Paul Thomas Anderson

Comment savoir (How Do You Know) de James L. Brooks

Pentagon Papers (The Post) de Steven Spielberg

Habemus Papam de Nanni Moretti

A Most Violent Year de J.C. Chandor

Le Complexe du Castor (The Beaver) de Jodie Foster

Le Traître (Il traditore) de Marco Bellochio

The Visit de M. Night Shyamalan

Gravity d’Alfonso Cuaron

Detroit de Kathryn Bigelow

Certaines Femmes (Certain Women) de Kelly Reichardt

Le Livre d’image de Jean Luc Godard

J. Edgar / Sully de Clint Eastwood

Mektoub My Love : Canto Uno d’Abdelatif Kechiche

Abus de faiblesse de Catherine Breillat

Bellflower d’Evan Glodell

Flight de Robert Zemeckis

Damsels in Distress de Whit Stillman

Welcome to New York d’Abel Ferrara

Promised Land de Gus Van Sant

Once Upon A Time… In Hollywood de Quentin Tarantino

En haut : Boyhood © BOYHOOD INC.IFC PRODUCTIONS I, L.L.C.

Guillaume Orignac :

1.  Mad Max : Fury Road de George Miller

2. Mektoub, My Love : Canto Uno d’Abdelatif Kechiche

3. Inside Llewyn Davis de Joel et Ethan Coen

4. The Master de Paul Thomas Anderson

5. The Social Network de David Fincher

6. Faust d’Alexandre Sokourov

7. Mystères de Lisbonne de Raoul Ruiz

8. Gravity d’Alfonso Cuaron

9. Fatima de Philippe Faucon

10. Sicario de Denis Villeneuve

En haut : Inside Llewyn Davis | © StudioCanal ; en bas : The Master | © Metropolitan FilmExport

Nathan Reneaud :

1.   Les Bruits de Recife de Kleber Mendonça Filho

2.  Holy Motors de Leos Carax

3. Cloud Atlas de Lana et Lily Wachowski et Tom Tykwer

4.  Before Midnight de Richard Linklater

5.  Twin Peaks : The Return de David Lynch

6.  Comment savoir (How Do You Know) de James L. Brooks

7. Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) d’Apichatpong Weerasethakul

8.  Shutter Island de Martin Scorsese

9.  Mad Max : Fury Road de George Miller

10.  Amazing Grace de Sydney Pollack et Alan Elliott

Comment savoir | Copyright Sony Pictures Releasing France

Yal Sadat :

1.  Take Shelter de Jeff Nichols

2.  Inherent Vice de Paul Thomas Anderson

3.  Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino

4. A Serious Man de Joel et Ethan Coen

5.  Mad Max: Fury Road de George Miller

6.  Gone Girl de David Fincher

7. Mektoub My Love : Canto Uno d’Abdelatif Kechiche

8. Une vie cachée de Terrence Malick

9. The Strangers de Hong-jin Na

10. Tim and Eric’s Billion Dollar Movie de Tim Heidecker et Eric Wareheim

Take Shelter (D.R.)

Podium

Mektoub My Love : Canto Uno d’Abdelatif Kechiche
Mad Max : Fury Road de George Miller
Social Network / Gone Girl de David Fincher
Twin Peaks : The Return de David Lynch
Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino
Spring Breakers d’Harmony Korine
Cloud Atlas de Lana et Lily Wachowski et Tom Tykwer
Un Jour dans la vie de Billy Lynn (Billy Lynn’s Long Halftime Walk) d’Ang Lee
Comment savoir (How Do You Know) de James L. Brooks
Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) d’Apichatpong Weerasethakul

Aenean ut risus. facilisis Aliquam porta. venenatis,